Angoulême : suicide d'un détenu dans sa cellule, poursuites envisagées contre l'État

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Le détenu bénéficiait d'une surveillance renforcée depuis son arrivée à la prison le mercredi 29 mai. (Photo d'illustration)
Le détenu bénéficiait d'une surveillance renforcée depuis son arrivée à la prison le mercredi 29 mai. (Photo d'illustration) © MIGUEL MEDINA / AFP
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Un détenu s'est pendu dimanche dans sa cellule à la maison d'arrêt d'Angoulême. Sa famille envisage des poursuites contre l'État.

Un détenu âgé de 27 ans s'est pendu dimanche dans sa cellule à la maison d'arrêt d'Angoulême, a-t-on appris mercredi auprès des services pénitentiaires et de son avocat qui affirme avoir mis en garde contre le risque d'un suicide, et envisage des poursuites contre l'État.

Moins d'une semaine après son arrivée

Ses trois codétenus étaient partis en promenade lorsque le jeune homme a mis fin à ses jours avec des liens qu'il avait confectionnés. Un agent l'a découvert et plusieurs personnes, dont deux surveillants également pompiers volontaires, sont intervenus pour tenter de le sauver. "Les entretiens effectués avec le détenu n'avaient pas permis de déterminer l'état d'alerte maximale sur la santé", faisant craindre un suicide, a indiqué à l'AFP la Direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP).

Néanmoins, le détenu, fragile psychologiquement, bénéficiait d'une surveillance renforcée depuis son arrivée à la prison le mercredi 29 mai. Il était passé en comparution immédiate deux jours plus tard mais l'affaire avait été renvoyée en juillet afin de préparer sa défense.

Sa famille voudrait poursuivre l'État

"C'était comme une peine de mort de le mettre en détention", a indiqué à l'AFP son avocat, Chems-Eddine Belkaid, précisant que son client avait fait plusieurs demandes d'hospitalisation. "J'ai plaidé à l'audience la thèse du suicide derrière les barreaux qui n'a pas été prise en compte par le tribunal. Sa famille va très certainement engager des poursuites contre l'État", a-t-il poursuivi.

L'homme "avait mis des coups de couteau à son voisin sous l'emprise de l'alcool. Il avait des problèmes d'alcoolisme depuis l'âge de 10 ans", selon Me Belkaid, confirmant une information de Sud-Ouest et de La Charente libre. Selon la DISP, de janvier à début juin, il y a eu 49 suicides dans les prisons françaises, contre 46 durant la même période en 2018.