Affaire Ramadan : "On sait que cette relation sexuelle n'a pas été consentie par ma cliente, ou en tout cas, pas complètement", estime Me Eric Morain

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Selon l'avocat d'une accusatrice de Tariq Ramadan, les éléments de l'expertise informatique des téléphones de Tariq Ramadan semblent indiquer que la relation sexuelle, que le prédicateur niait jusque là, n'a pas été "complètement consentie".  

RÉACTION

Il reste en prison. Pour la troisième fois, les juges d'instruction ont refusé la demande de remise en liberté de Tariq Ramadan, que plusieurs femmes accusent de viol. En cause notamment, des centaines de SMS, retrouvés après une expertise sur les téléphones du prédicateur suisse et sur son matériel informatique, échangés avec Christelle (nom d'emprunt), une accusatrice, et qui attestent d'une relation sexuelle. Un fait que l'intellectuel, incarcéré depuis sept mois, a contesté depuis le début de l'affaire. 

Une relation consentie ? "Tariq Ramadan nie jusqu'à la relation sexuelle", explique l'avocat de Christelle, Me Eric Morain. "Il disait qu'ils s'étaient rencontrés le 9 octobre pour boire un café à l'hôtel Hilton de Lyon, et que c'était tout. On sait aujourd’hui que ce n'était pas le cas : on sait que cette rencontre était planifiée, organisée et souhaitée par les deux. On sait qu'il y a eu une relation sexuelle parce qu'il y a eu des messages après le 9 octobre, notamment de monsieur Ramadan à ma cliente. On sait que cette relation sexuelle n'a pas été consentie par ma cliente, ou en tout cas, pas complètement", détaille l'avocat de l'accusatrice.

Une théorie qui n'est pas du goût de l'avocat du prédicateur, maître Emmanuel Marsigny. "Très clairement, les messages adressés par Christelle à monsieur Ramadan démontrent qu'il s'agissait d'une relation parfaitement consentie. Il est regrettable que les magistrats aient préféré voir plutôt une contradiction chez monsieur Ramadan plutôt que de voir les contradictions de la partie civile", martèle l'avocat. 

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Des SMS explicites. Que dit le rapport d'expertise sur la journée des faits à proprement parler ? Le 9 octobre, Tariq Ramadan adresse à Christelle plusieurs SMS pour organiser leur rendez-vous. "Alors, alors. Tu viendras, tu es prête. Je devrais t'attendre au restaurant en bas car il faut une carte pour monter dans l'ascenseur", lui écrit-il notamment, sous-entendant qu'il l'invitera à rejoindre sa chambre. Or, devant les enquêteurs, l'intellectuel a toujours affirmé n'avoir rencontré la plaignante que brièvement ce jour-là, dans le hall de l'hôtel lyonnais qu'elle évoque. Christelle accuse, elle, Tariq Ramadan d'un viol "d'une grande brutalité".

Le lendemain des faits, le prédicateur envoie un premier message à la plaignante vers 19 heures. "J'ai senti ta gêne… Désolée pour ma "violence". J'ai aimé… Tu en veux encore ? Pas déçue ?". Christelle ne répond pas. Vers 23 heures, elle reçoit un deuxième SMS : "tu n'as pas aimé… Je suis désolé. Désolé."