De nouvelles plaintes ont été déposées vendredi en France dans l’affaire des laits infantiles rappelés pour une possible contamination à la toxine céréulide. Trois décès de nourrissons ont été signalés, sans lien établi à ce stade, tandis que des analyses se poursuivent et que des actions judiciaires s’accumulent.
De nouvelles plaintes ont été déposées vendredi en France dans l’affaire des laits infantiles rappelés pour une possible contamination à la toxine céréulide. L’Association pour la santé des enfants a saisi les parquets de Paris, Bordeaux et Angers, alors que trois décès de nourrissons ont été signalés dans le pays. À ce stade, aucun lien de cause à effet n’est établi et des analyses sont toujours en cours, sous la supervision de l’agence sanitaire.
Trois plaintes pénales et un dossier judiciaire qui s’alourdit
L’APS-Enfants a annoncé le dépôt de trois plaintes pénales contre X. Celle déposée à Paris vise les responsabilités nationales et systémiques, tandis que celles enregistrées à Angers et Bordeaux se concentrent sur d’éventuelles qualifications d’homicides involontaires et de blessures involontaires. Les nouvelles actions viennent s’ajouter à des procédures déjà engagées par d’autres organisations, dans un dossier judiciaire qui s’alourdit au fil des semaines. Le parquet a ouvert des enquêtes à la suite de chaque décès de nourrisson.
L’affaire a éclaté mi-décembre, après un premier rappel de dizaines de lots de laits infantiles par Nestlé dans une soixantaine de pays pour une présence potentielle de céréulide. D’autres industriels, dont Danone et Lactalis, ainsi que des acteurs plus modestes, ont ensuite procédé à des rappels similaires. En France, trois décès de bébés et une quinzaine d’hospitalisations ont été signalés parmi des consommateurs des produits concernés. Aucun lien de causalité n’a toutefois été établi à ce stade.
Analyses en cours et recours à un laboratoire belge
Selon des informations diffusées vendredi par Radio France, les analyses de la toxine céréulide, supervisées par l’Anses, ont été confiées à l’institut belge de santé publique Sciensano, faute de capacités suffisantes en France. Interrogés, les ministères de la Santé et de l’Agriculture ainsi que l’Anses n’ont pas confirmé cette information dans l’immédiat, alors que les investigations se poursuivent pour établir les causes exactes. Ces analyses sont déterminantes pour la suite des procédures.
Le collectif Intox’Alim a regretté le recours à un laboratoire étranger, estimant que cela confirme des limites nationales de capacité analytique face à une crise touchant des bébés. Ces nouvelles plaintes s’ajoutent à celles déposées par des familles et par l’ONG Foodwatch. "Le choix d'un laboratoire étranger confirme de facto que les capacités analytiques disponibles en France ne permettaient pas, jusqu'ici, de répondre avec la célérité requise pour gérer une crise touchant des bébés", a indiqué le collectif.