Accident de manège dans les Yvelines : un maire, un forain et un contrôleur technique condamnés

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Le manège où s'était produit l'accident datait de 1965. © Matthieu Bock/Europe 1
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Une jeune fille était morte en 2014 dans un accident de manège à Flins-sur-Seine, dans les Yvelines. 

Un maire, un forain et un contrôleur technique ont été condamnés lundi pour leur implication à des degrés divers dans un accident de manège qui avait causé la mort d'une adolescente en 2014 à Flins-sur-Seine, dans les Yvelines, et en avait blessé une seconde.

Le maire écope d'une simple amende. Le tribunal correctionnel de Versailles a condamné le forain à deux ans d'emprisonnement dont un avec sursis et à une amende de 16.500 euros assortie d'une interdiction définitive de détenir un manège. Le ministère public avait requis à l'audience le 3 décembre que la peine de prison soit assortie de seize mois de sursis.

Le contrôleur technique a lui été condamné à quinze mois de prison avec sursis et 11.500 euros d'amende, avec interdiction de contrôler des installations foraines pendant un an. Une condamnation légèrement inférieure à ce qu'avait requis l'accusation. Quant au maire de Flins, Pascal Chavigny, il a écopé d'une simple peine d'amende de 11.500 euros dont 5.000 avec sursis, alors que six mois de prison avec sursis avaient été requis contre lui.

Ce drame "n'est pas le résultat d'un concours de circonstances". Joachim Bokobsa, l'un des avocats de la famille de la jeune fille décédée, s'est pour sa part dit "plutôt satisfait" par ces condamnations. "C'était symboliquement très important que les trois personnes qui ont commis des négligences soient condamnées", a-t-il ajouté, se félicitant notamment des interdictions d'exercer prononcées à l'encontre des deux professionnels.

Ce drame "n'est pas le résultat d'un concours de circonstances" mais "une addition de négligences qui ont conduit inéluctablement à sa survenance", avait estimé le procureur à l'audience.

Le contrôle technique du manège n'était plus valide. Les deux adolescentes avaient été éjectées de la "chenille" tournante et l'une d'elles avait heurté l'installation avant de glisser sous le manège. Elle avait succombé à ses blessures. L'enquête a montré que le contrôle technique du manège n'était plus valide depuis plusieurs jours et relevé des défauts sur les barres de sécurité des wagons et au niveau du système de contrôle de la vitesse du manège.

Le propriétaire de l'attraction a également fait preuve d'un défaut de surveillance du manège en fonctionnement, ce qu'il a reconnu. Le vérificateur de l'installation, auteur du dernier contrôle en août 2013, n'aurait pour sa part pas signalé certaines anomalies sur ce manège ancien, mis en service en 1965. Quant au maire, il n'avait pas demandé certains documents obligatoires au propriétaire.