À Villeneuve-d'Ascq, les compagnons-charpentiers rêvent déjà d’investir le chantier de Notre-Dame : "Ce serait un honneur"

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Les compagnons du devoir appliquent des techniques anciennes à des matériaux modernes, ce qui pourrait donner une nouvelle vie à la charpente disparue de Notre-Dame.
Les compagnons du devoir appliquent des techniques anciennes à des matériaux modernes, ce qui pourrait donner une nouvelle vie à la charpente disparue de Notre-Dame. © Lionel Gougelot pour Europe 1
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Les compagnons du devoir estiment que le chantier de rénovation de la cathédrale incendiée sera l'occasion d’une formidable revalorisation de leur métier.
REPORTAGE

La reconstruction de Notre-Dame risque d'être confrontée "à un manque de main d'œuvre en tailleurs de pierre, charpentiers et couvreurs", a averti mardi le secrétaire général des Compagnons du devoir Jean-Claude Bellanger. Selon lui, il faudrait recruter en apprentissage 100 tailleurs de pierre, 150 charpentiers et 200 couvreurs.

À Villeneuve-d'Ascq, près de Lille, les futurs charpentiers formés au sein des compagnons du devoir rêvent de participer, un jour, à ce grand chantier de rénovation de la cathédrale. Europe 1 est allé à leur rencontre.

Dans l'atelier, Hugo prépare son brevet professionnel et se dit prêt à mettre son savoir-faire à la disposition de ce grand défi. "Ce serait un honneur d'aller travailler sur Notre-Dame. C'est au cœur de nos sujets. C'est sur que ce serait gratifiant".

"Et pourquoi pas moi ?", lance son confrère, Kevin, qui travaille sur une maquette. "Je suis dans le vif du sujet parce que c'est un pentagone, une flèche à cinq faces. Elle pourrait être une partie de la cathédrale".

Une vitrine exceptionnelle pour des métiers peu valorisés

Le savoir-faire de ces artisans sera précieux pour reconstruire la charpente de Notre-Dame de Paris. Quelque 1.300 poutres, dont certaines assemblées au 13e siècle, sont parties en fumées en quelques heures lundi soir, mais elles ne seront pas forcément remplacées par du chêne, selon le directeur Bastien Lassonnerie. "Il pourrait y avoir un bel ouvrage qui représenterait la charpente de Notre-Dame sans que ce soit du bois brut. Il y a des matériaux dérivés du bois, comme le lamellé-collé, qui permettent de reproduire des charpentes comme celle-là, avec un aspect tout à fait traditionnel", assure-t-il.

Pour Alex, formateur de ces compagnons, l'essentiel est que ce grand chantier permette de revaloriser les métiers d'art, quel que soient les artisans qui y travailleront. "Des compagnons passeront sur ce chantier, mais c'est surtout un essor pour le métier au sens large", relève-il. "Ce que l'on souhaite, c'est que ça nous permette de redonner de l'élan pour [en faire] un métier moderne." Cinq charpentiers sont actuellement en fin de formation chez les compagnons, à Villeneuve-d'Ascq, mais il serait possible d'en former quatre fois plus selon les responsables.