À cause du Beaujolais nouveau, "on a oublié les vrais bons vins du Beaujolais", regrette Olivier Poels

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Moulin à vent, Fleurie, Morgon, Chiroubles, Saint-Amour… Connaissez-vous ces crus du Beaujolais ? Pour Olivier Poels, rédacteur en chef de la revue des Vins de France, il faut davantage communiquer sur ces vins, et pas seulement se focaliser sur le Beaujolais nouveau.

INTERVIEW

Vous avez sans doute vu les affiches sur la devanture d'un bistrot ou d'un caviste : le Beaujolais nouveau est arrivé. Un événement populaire, qui a eu lieu jeudi soir, et un vin souvent décrié pour sa piètre qualité. Pour Olivier Poels, rédacteur en chef de la revue des Vins de France, "il faut prendre le Beaujolais nouveau pour ce qu'il est et a toujours été : un petit vin sans prétention, de fruits, à boire entre copains, qui n'est pas destiné à la garde et qui n'a pas l'ambition d'être un très grand vin". L'homme complète immédiatement : "ce n'est pas ce que le Beaujolais peut produire de meilleur."

Des vins comparables aux Bourgognes. Pour le spécialiste, invité de Matthieu Noël vendredi matin sur Europe 1, "le drame de ces dernières années, c'est qu'on a associé le Beaujolais au Beaujolais nouveau, et on en a oublié les vrais bons vins du Beaujolais, ses terroirs, ses crus."

Pourtant, il existe dix crus issus de cette région viticole qui peuvent produire "des vins remarquables", comme Moulin à vent, Fleurie, Morgon, ou encore Chiroubles. "Les grands vins de Moulin à vent, ça se garde 10-20 ans en cave. Ils prennent alors une telle complexité qu'on peut même les confondre avec un vin de Bourgogne. Sans en avoir le prix", assure Olivier Poels, qui officie tous les samedis matins au côté de Laurent Mariotte dans La Table des bons vivants sur Europe 1.

>> De 5h à 7h, c'est "Debout les copains" avec Matthieu Noël sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

Pour des prix très inférieurs. "Il y a encore une soixantaine d'années, les crus du Beaujolais se vendaient aussi chers que les grands vins de Bourgogne ou de la Vallée du Rhône. Aujourd'hui, ils valent dix fois moins cher. En partie à cause du phénomène Beaujolais nouveau, sans doute aussi à cause du fait que les producteurs de Beaujolais nouveau n'ont pas été capables de maintenir un niveau de qualité et de le faire savoir", explique Olivier Poels, qui ne se prive pas de donner ce bon plan aux amateurs de vins : "Pour 15 ou 20 euros, ce qui est l'entrée de gamme pour un vin de Bourgogne, on a le top du top en Beaujolais."