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À 30 km/h sur le périphérique parisien, ce radar de chantier fait pleuvoir les amendes

[Serge ATTAL / ONLY FRANCE / Only France via AFP]

Sur le périphérique parisien, un radar de chantier fait actuellement exploser le compteur des flashs. Avec une vitesse limitée à seulement 30 km/h, des milliers d'automobilistes pourraient être verbalisés chaque jour et rapporterait près de 750.000 euros par jour, selon 40 millions d'automobilistes.

Un chantier qui rapporte gros. Depuis son installation le 24 août sur le périphérique de Paris, un radar de chantier installé dans une zone limitée à 30 km/h multiplie les flashs. Selon l'association 40 millions d'automobilistes, les recettes potentielles liées aux contraventions pourraient dépasser 750.000 euros par jour.

Sur cette portion du périphérique parisien, mieux vaut avoir le pied particulièrement léger. La zone concernée se situe au niveau de la porte de Montreuil, où des travaux ont entraîné un important abaissement de la vitesse autorisée. Alors que les automobilistes avaient l'habitude de circuler à 50 km/h sur le périphérique, la limitation a été réduite à 30 km/h sur cette portion.

Un message affiché au-dessus des voies prévient pourtant les conducteurs : "Zone chantier = 30 km/h". Mais, selon plusieurs automobilistes, cette nouvelle réglementation reste difficile à appréhender, notamment en raison du changement brutal de limitation. Caché derrière une barrière et positionné de manière à flasher les véhicules par l'arrière, le radar semble ainsi fonctionner sans interruption.

18 flashs en moins de cinq minutes

L'association 40 millions d'automobilistes s'est intéressée au fonctionnement de ce radar et au nombre de véhicules susceptibles d'être verbalisés. Lors d'une observation réalisée en soirée, elle affirme avoir recensé pas moins de 18 flashs en moins de cinq minutes.

Un chiffre qui donne une idée de l'ampleur du phénomène. De nombreux automobilistes continueraient en effet à circuler à une vitesse proche de l'ancienne limitation, soit environ 50 km/h, sans toujours prendre immédiatement conscience que la vitesse autorisée a été abaissée à 30 km/h. Chaque excès de vitesse constaté peut entraîner une amende de 90 euros, ainsi qu'un retrait d'un point sur le permis de conduire.

À partir du nombre de flashs observés et du trafic quotidien dans cette zone, 40 Millions d'automobilistes a réalisé une estimation particulièrement spectaculaire. Selon l'association, cette nouvelle limitation pourrait générer jusqu'à 752.516 euros de recettes quotidiennes en moyenne.

La zone de chantier enregistrerait environ 80.000 passages par jour. Une fréquentation particulièrement importante qui, combinée à une limitation abaissée à 30 km/h, pourrait transformer ce radar en véritable machine à verbaliser.

Sur les réseaux sociaux, les réactions ne se sont pas fait attendre. De nombreux conducteurs dénoncent une signalisation qu'ils jugent confuse, voire piégeuse et incohérente. Certains s'interrogent également sur le fonctionnement permanent du dispositif, qui continuerait à flasher 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, y compris lorsque les ouvriers ne sont pas présents sur le chantier.

Face à cette situation, 40 millions d'automobilistes appelle l'État à intervenir rapidement. L'association demande notamment de "stopper ce radar et d'annuler les PV dans les meilleurs délais", estimant que les conditions de mise en place de cette limitation et de la verbalisation posent problème.

La polémique pourrait durer, d'autant que les travaux engagés dans le secteur de la porte de Montreuil sont prévus pour plusieurs années. Leur achèvement n'est en effet pas attendu avant 2030.