Tué par la police : ce que dit l'enquête

Des échauffourées ont éclaté dans le quartier où résidait la victime jeudi.
Des échauffourées ont éclaté dans le quartier où résidait la victime jeudi. © MAXPPP
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avec AFP , modifié à
La famille du suspect tué à Montigny-en-Gohelle demande "justice". Les investigations se poursuivent.

Lahoucine Ait Omghar, 26 ans, est soupçonné d'avoir commis une tentative d'extorsion dans un hôtel proche de Cambrai, dans le Nord, jeudi matin. Il a été tué par balle le même jour lors de son interpellation alors qu'il  tentait de s'en prendre à un policier avec une paire de ciseaux, selon les premiers éléments de l'enquête. Vendredi, sa famille a réclamé "justice" lors d'une marche.

Cinq tirs relevés. D'après les premiers examens d'autopsie et de balistique recueillis vendredi, cinq tirs ont été relevés sur les armes. Le policier qui a reçu les coups de ciseaux au thorax a semble-t-il tiré trois fois avant de tomber et de perdre connaissance. Le parquet de Béthune a précisé ce ne sont pas les tirs de ce fonctionnaire qui ont été mortels.  Deux autres armes, celles de ses collègues qui n'ont pas été blessés, ont tiré une seule fois chacune. L'une de ces armes a causé un impact mortel au foie, après avoir transpercé le biceps droit, selon le parquet, qui estime que cela "accrédite" que la victime était accroupie à terre au-dessus du policier.

Deux enquêtes de police. Les quatre policiers présents lors de l'interpellation ont été entendus par la police judiciaire de Lille dans le cadre de l'enquête classique. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", a quant à elle été saisie vendredi matin "pour effectuer une enquête parallèle sur les circonstances de l'intervention des services de police et ce qui a amené le déclenchement des tirs", selon le parquet.

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© REUTERS

Une marche de 300 personnes. Environ 300 personnes, parmi lesquelles la famille du jeune homme, ont marché pacifiquement vendredi depuis Montigny jusqu'au commissariat d'Hénin-Beaumont, pour réclamer "justice". "C'est pas juste, la mort de mon frère. Je réclame que justice soit faite", a déclaré Fatima, sœur aînée du jeune homme. "Tuer un jeune de 26 ans, qui a son avenir devant lui... Il n'était pas armé. Même les animaux ne meurent pas comme ça", a-t-elle ajouté.

Les gardes à vue de cinq jeunes hommes, soupçonnés d'avoir participé à des dégradations lors de heurts entre habitants et forces de l'ordre jeudi, ont été prolongées jusqu'à samedi, en attendant leur confrontation avec des policiers, selon le parquet.