Élu poignardé : l'agresseur a été incarcéré

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avec Pierre de Cossette , modifié à
PROFIL - L'homme qui a attaqué le député-maire de Châteaurenard ne souffre pas de démence selon une première expertise.

L'INFO. Lundi, il agressait trois élus à coup de couteau, dont le député maire UMP de Châteaurenard, Bernard Reynès, lors des commémorations du 11-Novembre dans ce village des Bouches-du-Rhône. D'abord présenté comme un déséquilibré, ce trentenaire n'est pas pour autant dément, selon un premier examen psychiatrique. Mercredi matin, l'homme devait être présenté à un juge d'instruction d'Aix-en-Provence dans la matinée en vue d'une mise en examen. Qui est-il ?

>> Mise à jour, mercredi à 17h30 : L'homme a été mis en examen pour "tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique" mais aussi  pour "violences volontaires ayant entraîné une incapacité temporaire de travail (ITT) de moins de 8 jours", pour l'agression de l'adjoint et de la conseillère municipale. Il a été incarcéré. "L'instruction suivra son cours et tâchera de déterminer les motivations précises" de son geste, a expliqué la procureur. Une expertise psychiatrique plus approfondie devrait notamment être conduite et versée au dossier pour l'examen de la personnalité.

Pas "d'abolition du discernement". L'agresseur de Châteaurenard se prénomme Julien. Selon le médecin psychiatre qui l'a examiné pendant sa garde à vue, l'homme, âgé de 32 ans, ne souffre d'aucune "abolition du discernement". Traduction : il savait tout à fait ce qu'il faisait en sortant son couteau lundi. Mais devant les gendarmes qui ont tenté de l'entendre, il n'aurait rien dit qui permette d'expliquer son geste. Ainsi, s'il est responsable de ses actes au sens pénal et juridique, les enquêteurs et les magistrats ont de sérieux doutes sur son équilibre mental.

Un "fou judiciaire", plaignant compulsif. Célibataire et sans emploi, Julien vit chez ses parents dans un village voisin. Il n'est pas  connu comme délinquant mais s'est déjà fait remarqué. Il aurait pour habitude de déposer des plaintes tous azimuts "du genre conspirationniste", indique une source proche de l'enquête contactée par Europe 1. Des plaintes "contre des personnalités locales et nationales, des acteurs, des chaines de télévisions, des radios, évoquant un complot juif et des escroqueries en bande organisée". Et ce n'est pas tout, Julien rédigeait aussi des courriers visant Nicolas Sarkozy, sans toutefois jamais étayer ses propos. Dans les tribunaux, on a coutume de qualifier ce genre d'individus de "fous judiciaires". Sauf que celui-ci est passé à l'acte.

>> Réécoutez le témoignage de Bernard Reynès sur Europe1 :