Bénéfices de Total : critiques en série

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avec AFP
Jean-Luc Mélenchon a accusé le géant pétrolier d'accumuler ses profits "sur le dos des Français".

Les bénéfices records annoncés par Total ont suscité un déluge de critiques. Le groupe a en effet réalisé un bénéfice net de plus de 12 milliards d'euros l'an dernier, son meilleur exercice depuis 2008.

Total va donc payer pour 2011 environ 1,2 milliard d'euros d'impôts, dont 300 millions au titre de l'impôt sur les sociétés. Mais le groupe s'est tout de même attiré un déluge de critiques.

Mélenchon demande la "nationalisation"

Le candidat du Front de Gauche à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon s'est montré le plus virulent. Il a appelé vendredi à la "nationalisation" du géant pétrolier Total.

"Cet argent est accumulé sur le dos des Français qui voient chaque jour le prix de l'essence s'envoler. Il est une offense odieuse face aux salariés sacrifiés de la raffinerie de Dunkerque", accuse Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué.

Le candidat du Front de gauche s'insurge aussi contre le fait que Total paye "seulement 300 millions d'euros d'impôts sur les sociétés en France", soit "à peine 2,4 % de ses bénéfices !"

Estrosi lance un appel à Total

Même son de cloche du côté du député UMP Christian Estrosi. L'ex-ministre de l'Industrie a regretté que Total "ne paye en France que 2,5% d'impôt sur les sociétés", quand des PME "payent plus de 30% d'impôt sur leur bénéfice".

Le maire de Nice a appelé "Total à se positionner comme une locomotive pour l'économie française, à irriguer nos TPE/PME de son savoir-faire, créer des emplois dans nos territoires et à soutenir notre économie".

Interrogation d'UFC

L'association de consommateurs UFC a estimé de son côté que "la recherche et la réalisation de profits ne sont pas critiquables en soi" mais que "les niveaux faramineux atteints dans ce secteur sont une réelle source d'interrogation", en appelant à la mise en place d'une "régulation" du secteur.

Critiqué pour ses tarifs trop élevé, le PDG de Total a tenté de se justifier. "C'est en augmentant la production qu'on arrive à la fin" à contenir les prix du pétrole, y compris en extrayant gaz et huiles "non conventionnels", a-t-il défendu. Christophe de Margerie a en effet réitéré son opposition à l'interdiction dans l'Hexagone de la fracturation hydraulique, seule technologie qui permettrait d'exploiter les ressources de gaz de schiste.