Certains artisans ont fait le choix d'ouvrir ce vendredi 1er-Mai, malgré le flou sur la liberté de travailler en ce jour férié pour les salariés volontaires. Encouragés par le gouvernement à rester ouverts, ces commerçants ont pris le risque de s'exposer à une amende.
Ce vendredi 1er mai, de nombreux commerces sont restés ouverts, dans un contexte de polémique autour du projet de loi du gouvernement qui vise à autoriser les artisans boulangers-pâtissiers et artisans fleuristes à faire travailler leurs salariés le 1er mai.
L'inspection du travail avait prévenu : ceux qui ont refusé de baisser le rideau peuvent être sanctionnés en cas de contrôles. C'est le cas d'Éric Amieux, patron d'une boulangerie située près de Bourgoin-Jallieu dans l'Isère.
"Ils m'ont dit que je n'avais pas le droit d'ouvrir"
Éric Amieux a ouvert ce matin à 7h pour vendre croissants et pains au chocolat à ses clients, mais une heure plus tard, deux inspecteurs du travail se sont présentés à lui, comme il l'a raconté au micro d'Eliot Deval et vous :
"Ils m'ont dit que je n'avais pas le droit d'ouvrir. Alors je leur ai dit que si, j'avais le droit d'ouvrir, car mes salariés m'avaient signé une décharge. L'inspectrice m'a dit que ce n'était pas valable parce que la loi dit qu'on n'a pas le droit de les faire travailler. Comme ce n'est pas un texte de loi qui a été voté, j'étais dans l'inégalité", déplore-t-il.
Les inspecteurs ont rédigé un procès verbal. Le boulanger pourrait recevoir une amende : 750 euros par salarié présent ce matin, soit un total de plus de 5.000 euros.
Un appel au bon sens
Peu de temps après l'inspection, Éric Amieux a reçu un appel. Au bout du fil, le Premier ministre Sébastien Lecornu, mis au courant de la situation, lui a assuré qu'aucune suite ne sera donnée à cette inspection.
Le gouvernement a appelé à l'intelligence collective pour inciter les inspecteurs du travail à ne pas contrôler les artisans restés ouverts. Mais les inspecteurs du travail sont indépendants, ils sont donc libres d'effectuer des contrôles et de dresser des procès verbaux. Le parquet décidera d'y donner suite ou non.