15% des espèces de la flore sauvage métropolitaine menacées de disparition

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Malgré cette "situation préoccupante", "il est encore possible d'agir", soulignent les experts.
Malgré cette "situation préoccupante", "il est encore possible d'agir", soulignent les experts. © FRANK RUMPENHORST / DPA / AFP
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Selon une étude, 750 espèces de la flore sauvage sont menacées en France métropolitaine, en raison notamment de l'urbanisation, de l'artificialisation des terres ou encore de certaines pratiques agricoles. 

Urbanisation, pratiques agricoles... Près de 750 espèces de la flore sauvage de métropole courent un risque de disparition, soit 15% des 5.000 plantes recensées sur le territoire, ont annoncé jeudi plusieurs organismes spécialisés, soulignant une "situation préoccupante". C'est la première fois que le risque de disparition de l'ensemble de la "flore vasculaire" (qui possède des vaisseaux permettant la circulation de la sève) est évaluée en métropole. Cela regroupe l'ensemble des fougères, des plantes à graines ou à fleurs et des conifères, mais pas les mousses ou les algues.

51 espèces en "danger critique". Pendant plus de trois ans, 4.982 de ces espèces indigènes sauvages recensées en métropole ont fait l'objet d'un "examen approfondi". Résultat : 742 espèces, soit 15% d'entre elles, "encourent un risque de disparition", considérées comme menacées ou quasi-menacées, selon le communiqué commun de l'Union internationale pour la nature-France (UICN), du Muséum national d'Histoire naturelle, de l'Agence française pour la biodiversité et des Conservatoires botaniques nationaux. Parmi elles, 51 sont en "danger critique" selon la classification de la liste rouge de l'UICN. Comme la Saxifrage de Gizia endémique du Jura, avec ses fleurs blanches ou jaunâtres à l'odeur musquée, ou le Panicaut vivipare, petite plante à fleurs bleues qui a subi une "forte régression" en raison de la disparition des milieux humides où elle poussait dans le Morbihan.

"Il est encore possible d'agir". Parmi les menaces qui pèsent sur la flore, "on trouve principalement la modification des habitats naturels, l'urbanisation croissante et l'artificialisation des terres, ainsi que l'intensification ou l'abandon de certaines pratiques agricoles", explique le communiqué. Malgré cette "situation préoccupante", "il est encore possible d'agir", soulignent les experts, évoquant des actions de conservation, comme des espaces protégés ou le développement de banques de semences et de mises en culture de plans. "Mais pour assurer leur succès, ces actions devront s'accompagner d'une prise de conscience de chacun et d'une évolution profonde des pratiques de notre société", insiste le communiqué.