De plus en plus d'enfants de parents séparés vivent en résidence alternée

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La garde alternée concernait 480.000 enfants en 2020. 1:11
La garde alternée concernait 480.000 enfants en 2020. © AFP
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D'après une étude de l'Insee, 12% des enfants de parents séparés vivent en résidence alternée. Un chiffre en augmentation qui représente quelque 480.000 enfants. Ils représentent 3,4% du total des mineurs en France. Selon l'Insee, les parents d'enfants en résidence alternée sont davantage diplômés. 

C'est un chiffre en augmentation. D'après une étude publiée par l'Insee mercredi, 12% des enfants de parents séparés vivent en résidence alternée. Une part en constante augmentation depuis 2002, année où cette pratique a été reconnue par la loi. En France (hors Mayotte), ce sont ainsi quelque 480.000 enfants qui partageaient en 2020 de manière égale leur temps entre deux domiciles. Le plus souvent, la résidence s'alterne chaque semaine, précise l'Insee. Les autres enfants de parents séparés résident donc majoritairement ou exclusivement chez un seul de leurs parents, le plus souvent chez leur mère (86%).

Une garde alternée pour 3,4% du total des mineurs

Les enfants "alternants" représentent 3,4% du total des mineurs, contre 3,0% en 2018. Entre 2010 et 2016, cette part avait déjà doublé, souligne l'institut national des études statistiques. Le recours à cette pratique progresse aussi régulièrement avec l'âge des enfants, jusqu'à 10 ans, où la proportion d'alternants atteint son maximum (15,2%). La résidence alternée reste toutefois particulièrement rare chez les plus jeunes : seuls 4,2% des enfants de moins de 4 ans ayant des parents séparés sont alternants.

Des parents davantage diplômés

Selon l'Insee, les parents d'enfants en résidence alternée sont davantage diplômés, y compris par rapport aux parents issus des familles "traditionnelles", eux-mêmes en moyenne plus diplômés que ceux des familles monoparentales et recomposées. Ils sont aussi plus souvent en emploi, cadres ou professions intermédiaires. Le taux d'emploi des mères de ces enfants est proche de celui des pères (89% contre 92%), et bien supérieur à celui des mères vivant dans une famille "traditionnelle" (77%) ou monoparentale (67%).

"Concilier travail et vie familiale peut être plus facile pour les parents d'enfants alternants, dont beaucoup vivent la moitié du temps sans enfant à domicile", souligne l'Insee. Toutefois, les mères d'enfants alternants travaillent quatre fois plus souvent à temps partiel que les pères de ces mêmes enfants (19% contre 5%). Ces derniers sont par ailleurs plus souvent propriétaires de leur logement que les mères, et leurs logements sont plus grands.

Les disparités se retrouvent également sur le plan géographique. Les parents de ces enfants vivent majoritairement dans l'Ouest et en Auvergne-Rhône-Alpes, et sont plus rares en région parisienne, où les logements sont plus chers.

Europe 1
Par Virginie Riva, avec AFP