Le 14 juillet 2016, un attentat au camion-bélier frappait la promenade des Anglais à Nice. En quatre minutes, 86 personnes perdaient la vie et 458 autres étaient blessées. Dix ans plus tard, la France rend hommage aux victimes.
C'était il y a dix ans, le 14 juillet 2016, à 22h34. Un camion-bélier de 19 tonnes s'élançait sur la promenade des Anglais à Nice, fauchant les spectateurs qui venaient d'assister au feu d'artifice de la Fête nationale. Au volant : Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, un Tunisien de 31 ans domicilié à Nice.
En l'espace de quatre minutes et sur 1.850 mètres, il tue 86 personnes et en blesse 458 autres, selon les chiffres définitifs établis par la justice.
L'attentat, revendiqué deux jours plus tard par l'organisation terroriste État islamique, reste le deuxième plus meurtrier commis sur le sol français, après les attaques du 13 novembre 2015 à Paris. Le 14 juillet 2026, dix ans après la tragédie, Emmanuel Macron se rend à Nice pour une cérémonie nationale d'hommage. Retour sur ces événements, minute par minute.
22h34 : le camion s'élance sur la promenade des Anglais
Ce soir-là, quelque 30.000 personnes se pressent le long de la promenade des Anglais pour assister au feu d'artifice tiré depuis la mer, comme chaque année pour la Fête nationale. L'ambiance est festive. Le feu d'artifice vient tout juste de s'achever. La foule commence à se disperser sur l'axe piétonnier longeant la Méditerranée.
À 22h34 précises, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel engage un camion poids lourd Renault Midlum de 19 tonnes sur la voie publique et le dirige délibérément vers la foule. Le véhicule franchit les barrières de sécurité au niveau de la rue Arson et s'engage sur la promenade des Anglais.
L'homme est à ce stade inconnu des services de renseignement pour des faits liés au terrorisme. Il est, en revanche, connu des services de police pour des faits de violence, de vol et de conduite dangereuse. Chauffeur-livreur de métier, il vivait séparé de sa femme et résidait dans le quartier populaire de l'Ariane, à Nice.
22h34 à 22h38 : quatre minutes, 1.850 mètres, 86 morts
Le camion roule à vive allure, zigzaguant pour faucher un maximum de personnes. Pendant près de deux kilomètres, Lahouaiej-Bouhlel écrase les fuyards qui n'ont pas le temps de se mettre à l'abri. La promenade des Anglais se transforme en scène de chaos.
Des policiers à pied et à moto tentent d'intercepter le camion et tirent sur le véhicule en mouvement pour tenter de stopper l'assaillant. Lahouaiej-Bouhlel riposte avec une arme de poing depuis la cabine. Parmi les tirs qui parviennent à traverser le pare-brise, aucun ne suffit à immobiliser le conducteur dans l'immédiat.
La course meurtrière prend fin à la hauteur du Palais de la Méditerranée. Quatre minutes après le début de l'attaque, les forces de l'ordre neutralisent le terroriste. Mohamed Lahouaiej-Bouhlel est abattu dans sa cabine par les policiers.
Les premières heures après l'attaque : les secours face à l'afflux de victimes
Dans les minutes qui suivent la neutralisation du terroriste, les services de secours sont débordés. Le préfet des Alpes-Maritimes déclenche le plan ORSEC NOVI — plan de gestion des Nombreuses Victimes — pour coordonner l'ensemble des interventions. Le Centre hospitalier universitaire de Nice active simultanément son Plan blanc, mobilisant l'ensemble de ses équipes médicales pour gérer l'afflux massif de blessés.
Des anonymes — policiers et soignants hors service, mais aussi de simples passants — se joignent spontanément aux équipes de secours pour prodiguer les premiers soins. Le bilan définitif s'établit à 86 morts et 458 blessés, selon les données de la justice française.
Le président de la République de l'époque, François Hollande, annonce un deuil national pour les 16, 17 et 18 juillet 2016. Les drapeaux de tous les édifices publics de France sont mis en berne.
Le 16 juillet, l'organisation terroriste État islamique (Daech) revendique l'attaque dans un communiqué. Les conclusions de l'enquête judiciaire noteront toutefois que cette revendication "paraît être davantage une revendication de pure opportunité".