Sheila livre un vif plaidoyer pour la planète : "Taisons-nous et agissons"

  • A
  • A
Partagez sur :

La chanteuse, qui milite pour la nature et la biodiversité, regrette un discours politique d'intention sans concrétisation.

INTERVIEW

On la connaît pour ses chansons et sa carrière, moins pour ses convictions. Au micro de Bernard Poirette, Sheila a dévoilé une véritable passion pour la biodiversité, qui se transforme aujourd'hui en cri d'alarme face à l'urgence climatique.

"On parle beaucoup et on agit très peu". "Je défends la planète à fond. C’est notre mère", rappelle la chanteuse, écœurée de "voir les animaux enfermés alors qu’ils pourraient être libres, de voir des endroits où on élève des lions pour les vendre pour les faire tuer pour les chasseurs".  En un mot, elle décrit une situation "abominable", qui ne s'arrête pas à un seul exemple : "Je défends les orangs-outans. On veut faire de l’huile de palme et on détruit toutes leurs forêts. Tout ça me révolte. Je ne vote pas écolo, je défends toutes les associations. Après, on est tous écolos mais nous ne tenons pas les décisions dans nos mains et c’est bien dommage parce qu’il y a beaucoup de choses qui changeraient", explique-t-il dans un discours plus politique.

"Très souvent j’aimerais dire que les présidents de la République sont responsables de notre avenir, et spécialement de l’avenir de notre planète." Et la chanteuse de lancer cette injonction : "Ce qui m’intéresse, ce n’est pas d’être concernée, c’est d’agir. On parle beaucoup et on agit très peu. Le temps passe, et il ne se passe rien, donc s’il vous plaît, messieurs, bougez-vous !"

Entendu sur europe1 :
Nicolas Hulot a jeté son tablier, mais en jetant son tablier, ça a éveillé plein de consciences

"Il n'y a rien de plus important qu'une main tendue". Le 28 août, Nicolas Hulot quittait son poste de ministre de l’Environnement. "J’ai été déçue mais j’ai compris pourquoi. Je pense que c’est un puriste qui veut aller au bout de ce qu’il rêve et ses rêves, il n’arrive pas à les atteindre, donc il a jeté son tablier, mais en jetant son tablier, ça a éveillé plein de consciences", dit-elle, avec une pointe d'optimisme. "Je milite, j’écris, j’essaie de faire des pétitions. J’ai travaillé à un moment avec des gens qui faisaient des puits en Afrique. Il faut participer à tout, il faut essayer de se regrouper. Il n’y a rien de plus important dans la vie qu’une main tendue. Quand on l’attrape, c’est un grand pas en avant", explique-t-elle.

"On trouve toujours le moyen d'attendre encore". A titre personnel, elle explique être proche des animaux. "J’ai  toujours eu des chiens. Je suis une passionnée des oiseaux. Je nourris tous les oiseaux de la nature", dit-elle avant une nouvelle fois de constater l'état d'urgence face à la biodiversité : "Pour avoir vécu à la campagne depuis des années, je peux vous dire qu’il n’y a plus de papillons, de mésanges, de rouges-gorges. On sait d’où ça vient, on connaît les engrais qui font que… On est en train de crier au secours avec les abeilles. Ça change quelque chose ? On dit oui mais, on trouve toujours le moyen d’attendre encore (…) Quand il faut commencer à agir, il n’y a plus personne. Taisons-nous et agissons", assène-t-elle.