Jean-Louis Etienne : "l'expedition Polar Pod est digne de Jules Verne"

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L'explorateur prépare  son expédition à bord du Polar Pod, un navire qui doit étudier l'Océan austral. Il s'intéresse en particulier aux échanges entre cet océan froid et le CO2 de l'atmosphère.
INTERVIEW

L’explorateur  Jean-Louis Etienne, le premier à atteindre le Pôle Nord à pied, compte effectuer une nouvelle mission scientifique, "digne de Jules Verne", dans l'Antarctique à bord d'un navire spécial, le Polar Pod .Une sorte de flotteur géant qui permettra d'effectuer des mesures de CO2 dans cet océan à l'extrême sud de la planète.

Invité du Grand Rendez-vous d'Europe 1 dimanche, le scientifique a présenté les enjeux de ce projet.

Quel rôle dans l'équilibre climatique ?. L'homme a d'ores et déjà traversé l'Antarctique en traîneau, ce "continent immense, grand comme 28 fois la France, et recouvert de 2,5km d’épaisseur moyenne de glace". Mais cette fois-ci, Jean-Louis Etienne s'intéresse davantage à l'océan qui borde ce continent de glace. "C’est la grande réserve d’eau douce de la planète", qui joue comme une "espèce de courroie de transmission entre les trois océans, Atlantique, Indien, Pacifique."

Avec cette expédition, le scientifique compte effectuer avec son équipage - quatre ingénieurs, trois marins - une mesure qui ne peut être faite qu'in situ : "l’échange entre l’atmosphère et l’océan". Le CO2, responsable du réchauffement climatique, se dissout dans les eaux froides. "La question, c’est quel rôle cet immense océan joue-t-il sur l’équilibre climatique ? C’est ce qui m’a incité" à monter ce projet, explique Jean-Louis Etienne.

Entendu sur europe1 :
On s’apparente un peu à l’ISS dans le sens où il y a beaucoup de capteurs. C'est une plate-forme d’acquisition de données, dont une partie seront en libre accès

"On s'apparente un peu à l'ISS". Pour mener à bien ces mesures, les scientifiques devront se trouver au niveau des 50e hurlants, dans une mer à gros creux. "On est au pire endroit, donc il faut s’ancrer profond." Le bateau de l'expédition devait donc ressembler à "un grand flotteur vertical qui descend à 80m sous l’eau. A la surface, il faut offrir le minimum d’impact aux vagues. On est à zéro émission, un vrai thermos, isolés. On s’apparente un peu à l’ISS dans le sens où il y a beaucoup de capteurs. C'est une plate-forme d’acquisition de données, dont une partie seront en libre accès. Certains laboratoires auront des mesures plus précises pour publications", détaille le médecin aventurier, qui fera partie de l'aventure, en plus de son équipage, qui sera relevé tous les deux mois pour un tour d'Antarctique total de deux ans.

Un départ prévu en 2021. La construction du Polar Pod devrait commencer au deuxième trimestre 2019 pour un départ prévu en octobre 2021. Jean-Louis Etienne est toujours à la recherche de certains partenaires privés pour financer l'expédition elle-même. La construction de l'engin navigable, un outil d'une valeur de 15 millions d'euros, est en revanche prise en charge par l’État. "On a bénéficié avec le président Macron d’un appel au One planet summit. Ségolène Royal avait joué un rôle important pour initier le projet", précise l’explorateur qui s'accorde à dire que trouver le financement global est un "parcours d'endurance".

Pour convaincre, il avance encore d'autres facettes de l'expédition comme, en outre, la réalisation d'"un inventaire de la faune" marine grâce aux ultrasons, la validation de mesures satellites au sol ou encore la possibilité de voir l’expédition comme un grand support pédagogique pour les enfants.

 

 

Europe 1
Par Aurélie Dupuy

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