Des centaines de milliers de galaxies découvertes en trois ans par un radiotélescope européen

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Le LOFAR, gigantesque télescope européen, a permis aux scientifiques de recueillir des informations qui pourraient leur permettre d'en apprendre plus sur les trous noirs et la naissance des galaxies, comme l'explique au micro de Matthieu Noël, sur Europe 1, Cyril Tasse, astronome à l’Observatoire de Paris.

La carte du ciel se dévoile un peu plus. Une équipe internationale de plus de 200 astronomes a révélé mardi 19 février la découverte de centaine de milliers de nouvelles galaxies, grâce au radiotélescope LOFAR, entré en fonction en 2010. Ces découvertes sont le fruit de milliers d'heures d'observation pendant trois ans : 90% des galaxies observées étaient jusqu'alors totalement inconnues. "Quand on dit des galaxies, c’est un abus de langage", précise au micro de Matthieu Noël, sur Europe 1, Cyril Tasse, astronome à l’Observatoire de Paris. Car ce sont plus précisément des trous noirs, ou du moins les particules qui y sont avalées, que détecte le LOFAR.

"Quand la matière tombe dans un trou noir, elle accélère des particules à très haute énergie qui émettent des ondes radios, c'est ce que l'on voit avec le LOFAR", explique Cyril Tasse. Or, nous savons qu'au cœur de chaque galaxie se trouve un trou noir dit "super massif". "On ne sait pas exactement ce qu'il fait là, quel est la relation entre ce trou noir et la galaxie", poursuit l'astronome.

Un télescope à l’échelle d'un continent

Construit en 2010, le LOFAR, Low Frequency Array ("grille à basses fréquences en anglais) est constitué d'un ensemble de 100.000 antennes réparties dans toute l'Europe, et qui utilisent Internet pour communiquer entre elles. En France, une station LOFAR a été installée à Nançay, dans le Cher.

Le mystère des trous noirs. "L'idée est d'essayer de comprendre ce problème d'œuf et de poule : qu'est ce qui est venu avant ? Le trou noir ou la galaxie ? Comment se sont formées les galaxies ?", interroge ce scientifique. "Un trou noir, c'est quand la matière est assez dense pour s'effondrer sur elle-même en un point. La théorie nous dit que ce sont des objets très étranges : le temps est arrêté en leur centre, la densité y est infinie… Il y a beaucoup de théories qui peuvent décrire ces objets étranges", précise-t-il.

"La structure à grande échelle" de l'univers. Les découvertes permises grâce au LOFAR devraient également permettre de mieux cerner la géographie de l'univers, ou du moins de l'appréhender à une très grande échelle. "Les galaxies ne sont pas reparties au hasard dans l'univers, il y a une structure que l'on appelle 'la structure à grande échelle', c'est-à-dire des filaments de galaxie connectées en amas", explique Cyril Tasse. Une structure qui n'est pas figée, et continue d'évoluer à mesure que les galaxies entrent en collision les unes avec les autres, produisant là encore de formidables accélérations de particules, que peut désormais repérer le LOFAR.

Europe 1
Par Romain David

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