Un médecin sur deux refuse de nouveaux patients : "Il ne faut clairement pas tomber malade"

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :
Plus de 2.000 médecins généralistes, répartis dans 78 départements, ont été contactés par les bénévoles de l'association "pour savoir s'ils acceptaient de nouveaux patients en tant que médecin traitant". Et leurs réponses sont inquiétantes.
RÉACTION

Près d'un médecin généraliste sur deux en France (44%) refuserait de soigner de nouveaux patients, selon un étude publiée jeudi par l'UFC Que Choisir. L'association de consommateurs a mené l'enquête auprès de 2.770 médecins : la plupart d'entre eux estiment qu'ils ont déjà trop de patients : 71% des 44% qui refusent. "La plupart du temps, quand on appelle c'est 'Oui bonjour, vous êtes cliente chez nous ?' ; 'Eh non... ' ; 'Ha ben désolée, on ne prend pas de nouveau client', raconte Laura. Et bien souvent, cela s'arrête là.

Entendu sur europe1 :
"La problématique de ce pays, c'est qu'on manque de médecins"

Comme près d'un Français sur dix, Laura n'a pas de médecin traitant. Celui qu'elle avait enfant est parti à la retraite et depuis, la jeune femme multiplie les appels pour obtenir ne serait-ce qu'une consultation. "Il ne faut clairement pas tomber malade. Moi je préfère encore aller au travail en rampant que tomber malade et ne pas trouver de médecin traitant, être incapable de justifier mon absence auprès de mon employeur. Moi, clairement, ça me fait peur. C'est une hantise, c'est très stressant au quotidien".

Suivi médical, orientation vers des spécialistes : les médecins traitants sont des maillons essentiels de la chaîne des soins pour Jérome Marty. Médecin généraliste à Fronton, en Haute Garonne, il se dit pourtant "forcé" de refuser certains patients pour assurer une qualité de service minimum à ceux qui défilent, tous les quarts d'heure, dans son cabinet. "Les journées sont totalement pleines ! La problématique de ce pays, c'est qu'on manque de médecins parce que cette profession est devenue tellement peu attractive qu'elle s’effondre". Et on ne parle pas de déserts ruraux. L'UFC Que Choisir s'étonne : c'est dans les villes moyennes que le taux de refus de prise en charge est le plus important