Trois phénomènes que vous ignorez peut-être sur le sommeil

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Insomnie 2:35
Les bons dormeurs ont généralement moins en surpoids que les personnes en proie à l'insomnie. Photo d'illustration. © Free-Photos / Pixabay
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Entre 30 et 40% des Français seraient confrontés à l'insomnie à un moment ou à un autre de leur vie. Une pathologie très répandue, alors que les troubles du sommeil sont mal connus et ont des implications multiples. Le docteur en neurosciences Patrick Lemoine les décrypte sur Europe 1, mardi après-midi, dans l'émission "Sans Rendez-vous".
DÉCRYPTAGE

C'est une pathologie qui hante les soirées de nombreux Français, confrontés à la perspective d'une nuit blanche (ou presque) : l'insomnie concernerait 30 à 40% de Français qui y seraient confrontés à un moment ou à un autre de leur vie, selon l'association France Insomnie. C'est pour mieux cerner les contours de ces troubles du sommeil que le docteur en neurosciences Patrick Lemoine était l'invité d'Europe 1, mercredi après-midi. Le spécialiste s'est penché sur trois phénomènes méconnus liés à ces difficultés d'endormissement.  

L'aspirine, un moyen de lutter contre l'insomnie

L'insomnie peut parfois nous pousser à nous réveiller au beau milieu de la nuit, sans possibilité de se rendormir dans l'immédiat. Dans ce cas, l'aspirine va aider à retrouver les bras de Morphée un temps délaissés, assure Patrick Lemoine dans l'émission Sans Rendez-vous. "Ça baisse la température, tout bêtement. Je prends soit un paracétamol effervescent, soit une aspirine effervescente. Pourquoi effervescent ? Parce que ça va plus vite, avec une biodisponibilité plus rapide. Ainsi, je m'endors rapidement", explique-t-il, mettant en garde néanmoins contre l'absence d'études pharmacologiques sur ce lien entre aspirine et réduction de l'insomnie.

Certains bruits aident à trouver le sommeil

Qui n'a jamais eu la désagréable sensation d'être réveillé par un bruit extérieur au milieu d'un profond sommeil ? Comme l'explique Patrick Lemoine, il y a des bruits qui favorisent le sommeil et d'autres qui l'empêchent ou le dégradent. "Le bruit continu favorise le sommeil, à côté d'une cascade ou même d'un périphérique. En revanche, un bruit discontinu, comme un aéroport ou un immeuble bruyant, perturbe le sommeil et c'est une catastrophe. Même si les gens vous disent 'ça ne me réveille pas', le système cardiovasculaire ne s'habitue jamais. À chaque bruit, vous avez un coup d'hypertension artérielle. Il a été montré que dans les immeubles bruyants, la tension artérielle moyenne des habitants est supérieure à celle des immeubles calmes."

Pour trouver le bruit qui vous aide à vous endormir, en revanche, il n'y a pas de miracle : il faut tester les applications consacrées et trouver le son qui apporte calme et sérénité. Ça peut être "l'eau qui coule, une berceuse, ou même le bruit du cœur", évoque le clinicien. 

Les insomniaques sont (en général) plus gros

Tout le monde connaît le proverbe "qui dort dîne", mais quel est le véritable lien entre sommeil et prise de poids ? "On sait que c'est au cours de la nuit qu'on met à jour l'insuline et la leptine", observe Patrick Lemoine, étude à l'appui : "On prend une trentaine de personnes en très bonne santé, des jeunes, tous en forme et, moyennant finances, on les empêche de dormir plus de cinq heures par nuit. Et au bout de quinze jours, ils sont pré-diabétiques, c'est-à-dire que leur insulinémie a baissé et qu'ils ont une résistance à l'insuline. Si vous dormez mal et que vous avez le gène de vulnérabilité au diabète, vous risquez de basculer du côté du diabète", avertit-il.

"Quant à la leptine, qui est l'hormone de la société, elle est sécrétée pendant la nuit", poursuit-il. "Si on ne dort pas bien, la leptine est en déficit. On mange trop. Il est montré que les insomniaques sont beaucoup plus gros que les bons dormeurs" en raison de ce déséquilibre, illustre le spécialiste.