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Soins palliatifs : face au manque de formation, des médecins se forment après leurs études

Une vingtaine de départements sont toujours dépourvus d’unités de soins palliatifs. Au manque de moyens s’ajoute celui de médecins formés : seuls quelques enseignements sont imposés durant les études. [Thomas SAMSON / AFP]

Une vingtaine de départements sont toujours dépourvus d’unités de soins palliatifs. Au manque de moyens s’ajoute celui de médecins formés : seuls quelques enseignements sont imposés durant les études. À Paris, l’hôpital Jeanne Garnier propose des formations pour mieux accompagner les patients en fin de vie. 

Alors que le débat sur la fin de vie continue d’agiter la société française, l’accès aux soins palliatifs reste encore très inégal sur le territoire. Une vingtaine de départements en sont toujours dépourvus. En cause : le manque de moyens alloués à ces structures, mais aussi le manque de médecins formés à cette prise en charge particulière. Pendant les études de médecine, seuls quelques modules sont imposés aux internes. Ceux qui souhaitent se spécialiser doivent ensuite suivre des formations complémentaires, une fois leur cursus terminé. 

C’est justement l’objectif de la formation dispensée par l’hôpital Jeanne Garnier, établissement parisien spécialisé dans les soins palliatifs. Dans une salle de réunion, lors des formations, une dizaine de participants sont réunis pendant trois jours : bénévoles, psychologues, infirmiers et médecins. Ils écoutent attentivement Dorit Voitel, médecin et formatrice du jour, qui revient notamment sur les différences entre sédation profonde et euthanasie. "Pour la sédation profonde, je donne un traitement sédatif. Dans l’euthanasie, je donne un traitement qui va entraîner la mort", explique-t-elle devant les participants.

Autour de la table, Domitie, 32 ans, est médecin généraliste. Elle exerce en soins palliatifs depuis la fin de ses études, d’abord dans son cabinet, puis aujourd’hui à la maison Jeanne Garnier. Mais elle reconnaît avoir commencé sans véritable formation spécifique. "On est médecin généraliste, mais on est très isolé. Parfois, on n’a pas toujours les moyens de pouvoir aider les patients, de pouvoir être avec une équipe", confie-t-elle au micro d’Europe 1. 

"Il y a toujours quelque chose à apprendre"

Pour cette jeune médecin, les soins palliatifs permettent aussi de redonner du sens à la prise en charge de patients que l’on ne peut plus guérir. "Je suis contente de pouvoir aider ces patients à qui on disait justement : on ne va pas pouvoir vous guérir. C’est peut-être ça aussi qu’on cherche en allant en soins palliatifs", poursuit-elle. Soulager les douleurs, accompagner les patients et leurs proches, mais aussi connaître précisément le cadre légal : c’est également ce que vient chercher Fabien, infirmier en soins palliatifs depuis un an. 

Cette formation lui permet de faire le point sur ses pratiques et sur la loi actuellement en vigueur. "Ca permet de voir si, dans nos pratiques, on est toujours dans le vrai. Le reflet aussi de la législation : est-ce que quand on sédate un patient, il y a un arrêt forcé de l’alimentation, de l’hydratation ? Il y a toujours quelque chose à apprendre", explique-t-il. 

Pour Fabien, Domitie et les autres participants, ces trois jours de formation doivent leur permettre de mieux accompagner les patients en fin de vie. Avec un objectif commun : offrir une fin de vie plus paisible, avec le moins de souffrance possible.