Optique, dentaire, audition, dépassements d'honoraires : les Français paient en moyenne 150 euros par an de leur poche pour se soigner, selon la Drees. Mais cette moyenne cache de forts écarts, entre jeunes et seniors, selon la complémentaire choisie, et au détriment des ménages modestes.
Optique, dentaire, audioprothèses, dépassements d'honoraires : selon la Drees, qui a publié ses données jeudi, chaque Français débourse en moyenne 150 euros par an de sa poche pour se soigner. Cette moyenne masque de très fortes disparités, puisque 10 % de la population paie 910 euros ou plus.
L'étude des services statistiques des ministères sociaux porte sur les soins pris en charge, au moins en partie, par l'Assurance maladie. Elle laisse donc de côté les psychologues, les pratiques non conventionnelles et les médicaments sans ordonnance. En 2023, la dépense de santé a atteint 3 150 euros par habitant.
L'Assurance maladie en a financé 81 % et les complémentaires 15 %, ce qui laisse 150 euros à la charge de chacun. Environ 120 euros correspondent à des équipements facturés au-delà des tarifs de la Sécurité sociale et à des dépassements d'honoraires, et 20 euros à des franchises et participations forfaitaires.
Des écarts considérables entre les assurés
Pour 80 % des Français, le reste à charge ne dépasse pas 40 euros en moyenne. Il monte à 580 euros pour 20 % d'entre eux, et à 910 euros pour les 10 % les plus exposés. L'âge pèse lourd : 80 euros entre 20 et 39 ans, 290 euros à partir de 70 ans, une tranche qui consomme bien plus de soins et dispose souvent de contrats individuels, moins protecteurs que les contrats collectifs.
La qualité de la complémentaire compte aussi : avec l'un des contrats les moins couvrants, le reste à charge est en moyenne trois fois plus élevé qu'avec l'un des plus couvrants.
Les patients en affection longue durée sont remboursés à 100 % sur les soins liés à leur maladie, hors dépassements. Mais leurs dépenses de santé sont sept fois supérieures à la moyenne, et ils paient tout de même 240 euros par an.
Un effort plus lourd pour les ménages modestes
En comptant les cotisations aux complémentaires, les prélèvements obligatoires qui financent l'Assurance maladie et le reste à charge, la santé représente en moyenne 14 % du revenu d'un ménage. Ce taux d'effort augmente légèrement avec le niveau de vie, mais les cas les plus extrêmes (le 1 % du haut de l'échelle) concernent surtout des ménages modestes. Pour ces derniers, cotisations et restes à charge pèsent 4 à 5 % du revenu, contre 2 % pour les plus aisés.