Quels sont les signes de l’addiction aux jeux vidéo ?

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Chez les ados, l'addiction aux jeux vidéo concerne principalement les garçons. (photo illustration) 1:29
Chez les ados, l'addiction aux jeux vidéo concerne principalement les garçons. (photo illustration) © Pixabay
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La forte consommation de jeux vidéo de certains adolescents inquiète parfois leurs parents. Comment savoir quand débute l’addiction ? Une vie sociale et familiale qui se dégrade, une perte de poids, ou encore une consommation qui augmente au long cours font partie des signaux d’alerte.

La très grande majorité des adolescents sont friands de jeux vidéo. Certains passent de nombreuses heures collées à leur manette et glissent parfois vers l’addiction. Selon Bruno Rocher, psychiatre et addictologie au CHU de Nantes et co-auteur du livre "Mon enfant est-il accro aux jeux", la proportion d’addicts se situerait entre 1 et 10% des joueurs. Invité d’Europe 1 jeudi, il a donné quelques conseils pour reconnaître les signes d’une addiction.

L’augmentation de la consommation sur une longue durée

"Les patients qui viennent nous voir jouent entre 10 et 15 heures par jour pendant de nombreux mois", confie Bruno Rocher. Mais selon lui, l’addiction ne se quantifie pas à un volume horaire. "L’OMS a établi un repère il y a deux ans. Il n’est pas question d’horaire, mais de durée : observer le phénomène pendant un an, pour constater une évolution au long court qui vient envahir le quotidien de l’individu", explique-t-il.

Pour le psychiatre, il ne faut donc pas s’inquiéter quand un adolescent joue 10 heures pendant un week-end. "C’est justement un des expérimentations de l’adolescence", analyse-t-il.

Quand la vie familiale devient conflictuelle

"Quand quelqu’un joue, même beaucoup, mais que cela reste un plaisir, qu’il y a des loisirs qui restent présents, que la vie familiale se passe correctement, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Mais c’est quand la vie familiale devient particulièrement conflictuelle qu’il faut s’inquiéter", développe Bruno Rocher. Par exemple, quand le joueur reste enfermé dans sa chambre, se coupe de ses amis ou ne se consacre qu’à une vie sociale virtuelle.

Difficile cependant de savoir si cette dégradation est dû à l’addiction ou simplement à une humeur passagère de l’adolescence. Bruno Rocher conseille alors de demander à un regard extérieur : un psychiatre, un médecin généraliste qui connait la famille depuis longtemps, un voisin ou un prof, par exemple. "Il ne faut pas rester dans le huis clos", conseille l’addictologue.

Un état physique qui se dégrade

"On voit des jeunes garçons très amaigris, avec des limitations alimentaires qui ne sont pas dû à une phobie, mais plutôt à un manque d’intérêt pour l’alimentation et le temps passé à s’alimenter", constate le docteur Bruno Rocher.

Par ailleurs, si les jeux vidéo sont autant consommés par les filles que par les garçons, les problèmes d’addiction concernent en grande majorité les garçons, selon l’addictologue.

Europe 1
Par Léa Leostic