L'épisode caniculaire qui dure depuis plusieurs jours met à rude épreuve le système de santé. Augmentation des crises cardiaques, hausse des passages aux urgences… Partout en France, les fortes chaleurs entraînent un afflux de patients.
La canicule se poursuit et, avec elle, la pression s'accentue sur les services hospitaliers. Alors que le gouvernement a déclenché la phase 3 du Orsan, qui prévoit plusieurs dispositifs pour gérer la crise, les urgences font face à un afflux important de patients.
Les fortes chaleurs entraînent un afflux de patients dans les hôpitaux. Ces derniers jours, les passages aux urgences et les appels au SAMU ont augmenté de 20 à 40 % dans certaines régions. À Paris, le ministère de la Santé a également constaté une forte hausse des arrêts cardiaques, avec près de 25 interventions en 24 heures contre une dizaine habituellement.
Les services de réanimation enregistrent eux aussi une activité en hausse. À l'hôpital Lariboisière, à Paris, les admissions progressent à mesure que les cas les plus sévères se multiplient.
Une augmentation de l'ordre de 30 % de l'activité en réanimation
"Il y a environ une augmentation de l'ordre de 30 % de l'activité en réanimation. Il s'agit essentiellement de patients qui présentent soit des déshydratations, des malaises, des coups de chaleur graves, avec des températures qui montent au-delà de 40 degrés. Des températures responsables de défaillances d'organes, rénales et cardio-circulatoires", explique Bruno Mergarbane, chef du service de médecine intensive de l'hôpital Lariboisière, au micro d'Europe 1.
Le plan Orsan activé pour renforcer les hôpitaux
Face à cette pression croissante, le gouvernement a déclenché la phase 3 du plan Orsan. Ce dispositif permet notamment aux établissements de santé de déprogrammer certaines interventions non urgentes afin de redéployer les soignants vers les services les plus sollicités.
La réserve sanitaire peut également être mobilisée, tout comme les étudiants en médecine, appelés à renforcer les centres de réception des appels du SAMU.
Une inquiétude sur la surmortalité liée à la chaleur
Le ministère de la Santé constate également une hausse des décès à Paris, probablement liée aux températures exceptionnelles. Le gouvernement s'inquiète par ailleurs de la multiplication possible des décès à domicile de personnes isolées sur l'ensemble du territoire.
Il faudra toutefois attendre plusieurs semaines avant d'évaluer précisément la surmortalité imputable à cet épisode caniculaire.