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Mortalité infantile : la France recule au 23e rang européen... comment expliquer ce décrochage ?

Plus de quatre bébés sur 1.000 meurent avant leur premier anniversaire, un niveau au plus haut depuis 15 ans. [Gabriel BOUYS / AFP]

La mortalité infantile progresse en France, selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales. Plus de quatre bébés sur 1.000 meurent avant leur premier anniversaire, un niveau au plus haut depuis 15 ans. Le rapport pointe notamment les fragilités du système de santé. 

C’est une nouvelle alerte sur le front de la santé publique. La mortalité infantile progresse en France, selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales. Plus de quatre bébés sur 1.000 meurent désormais avant leur premier anniversaire. Un chiffre au plus haut depuis 15 ans. Ce recul est aussi visible à l’échelle européenne. 

Alors que la France figurait autrefois parmi les meilleurs élèves de l’Union européenne, elle a fortement décroché. Le pays est passé de la 3e à la 23e place en matière de mortalité infantile, selon ce rapport. Cette hausse est d’abord portée par l’augmentation des décès au cours du premier mois de vie. C’est ce que l’on appelle la mortalité néonatale. 

La précarité socio-économique est également citée

Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cette évolution : l’âge des mères recule, les grossesses multiples sont plus fréquentes et ces situations augmentent le risque de complications. La précarité socio-économique est également citée parmi les causes possibles. 

Les difficultés d’accès aux soins, le suivi parfois insuffisant des grossesses ou encore les conditions de vie des familles peuvent peser sur la santé des nouveau-nés. Mais si la France recule autant au sein de l’Union européenne, c’est aussi en raison de fragilités dans son système de santé.

"Ce sont des soins complexes qui nécessitent vraiment une infirmière par patient"

Pour Jean-Christophe Rozé, professeur de pédiatrie et ancien président de la Société française de néonatalogie, le problème se situe notamment dans les services hospitaliers qui prennent en charge les nouveau-nés les plus fragiles. 

"Ça se situe dans nos services, puisque les enfants à soins sont hospitalisés dans ce qu’on appelle les soins critiques. Ce sont des soins complexes qui nécessitent vraiment une infirmière par patient, ce que nous n’avons pas en France", explique-t-il.

Selon lui, ce niveau d’encadrement existe dans plusieurs pays qui affichent de meilleurs résultats. "C’est ce qui existe dans beaucoup de pays, entre autres ceux qui ont la mortalité la plus faible, comme la Suède", poursuit le professeur de pédiatrie. 

En revanche, les auteurs du rapport écartent une explication régulièrement avancée dans le débat public : la fermeture des petites maternités. Malgré les controverses autour de ces fermetures, le rapport estime qu’elles n’expliquent pas la hausse de la mortalité infantile en France.