L'urgentiste Christophe Prudhomme : "On a besoin de moyens immédiatement"

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Christophe Prudhomme, porte-parole de l'association des médecins urgentistes de France, estime sur Europe 1 que la crise des urgences ne sera résolue que si le gouvernement alloue davantage de moyens financiers aux hôpitaux.
INTERVIEW

La colère des urgentistes, en grève depuis six mois, ne retombe pas. Alors qu'Agnès Buzyn doit présenter lundi de nouvelles mesures sur les urgences, Christophe Prudhomme ne décolère pas. Le porte-parole de l'association des médecins urgentistes de France, interrogé sur Europe 1, demande à la ministre de la Santé d'augmenter le budget des hôpitaux. "Il est clair qu'on a besoin de moyens immédiatement, à la fois pour créer des postes et pour augmenter les salaires", a insisté l'urgentiste, qui travaille dans un hôpital de Bobigny en région parisienne.

"Le problème aux urgences est le miroir des dysfonctionnements du système de santé"

Agnès Buzyn doit dévoiler lundi un plan avec plusieurs mesures, dont "un budget dédié pour régler la crise". "Les budgets spécifiques sont pris ailleurs, sur des lits fermés dans d'autres services. C'est le serpent qui se mord la queue", a contesté Christophe Prudhomme. "Le problème aux urgences est le miroir des dysfonctionnements du système de santé. Ce qu'on demande, c'est qu'on débloque les compteurs au niveau de la loi de finances sur la sécurité sociale, une augmentation de 5% du budget pour les hôpitaux et les EPHAD", a poursuivi l'urgentiste.  

"Il y a une mesure très simple que peut prendre la majorité : c'est supprimer un impôt qui est prélevé sur l'hôpital, la taxe sur les salaires, qui rapporte 4 milliards d'euros. Il suffit d'un amendement à la loi de finance et on a ce ballon d'oxygène dont on a besoin, pour ensuite avoir un vrai dialogue social", a-t-il prévenu.  

"Les ouvertures de lits c'est le b-a.ba"

Agnès Buzyn devrait également annoncer des "réouvertures de lit" à l'hôpital, réclamées depuis longtemps par les grévistes. "Les ouvertures de lits c'est le b-a.ba, mais c'est un virage à 180 degrés. Pour ouvrir des lits il faut du personnel, mais elle bloque sur la question des moyens. Je suis à l'AP-HP où on ferme des lits pour raisons budgétaires. Il va falloir voir comment elle va mettre en œuvre cette mesure sur les lits", a jugé Christophe Prudhomme. Le "plan d'actions", qui sera détaillé lundi, aura donc des airs de plan de la dernière chance pour sortir du conflit.