L'alimentation, "premier remède" de l'intestin

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :
Pour garder une flore intestinale, ou microbiote, en bon état, il faut manger de manière diversifiée afin de conserver la diversité des bactéries. 
LE TOUR DE LA QUESTION

Faut-il réduire le nombre de bactéries pour conserver un microbiote (le nom scientifique de la flore intestinale, ndlr) en bonne santé ? "Non", ont répondu de concert les deux spécialistes de l'intestin interrogées dans l'émission de Wendy Bouchard sur Europe 1 sur cette question, lundi. 

>> De 9h à 11h, c’est le tour de la question avec Wendy Bouchard. Retrouvez le replay de l’émission ici

Le microbiote, "comme un jardin". Le microbiote est donc ce milieu où l'"on a des bactéries, des virus, des levures", explique Francisca Joly-Gomez, gastro-entérologue et professeur en nutrition à l’Université Paris-Diderot. "C'est très important de comprendre que, pour être en bonne santé, on a besoin de cet écosystème. Dans beaucoup de maladies, quand on analyse le microbiote, ce qui apparaît, c'est qu'on a une diminution de la diversité" des bactéries. "On a besoin d'un écosystème probablement complet et très diversifié pour avoir une prévention en termes de maladies. C'est comme un jardin, pour lequel on a besoin de plein de fleurs différentes. Si on ne fait pousser qu'une seule fleur, la terre va s'appauvrir."

Probiotiques ou prébiotiques ? "Pour entretenir le microbiote, j'ai deux choix : ajouter des bactéries vivantes, des probiotiques, par exemple en mangeant des plats fermentés, comme la choucroute ou des boissons fermentées comme du kefir. Là, c'est comme si vous mettiez des plantes vivantes dans la terre du jardin", compare Dorothée Vatinel, commissaire de l’exposition "Microbiote", qui se tient à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris jusqu’au 4 août 2019. "Sinon, on peut apporter des aliments qui vont nourrir les bactéries. Ce sont des prébiotiques, des fibres alimentaires. C'est comme si on mettait du terreau" dans le jardin.

Concrètement, que faut-il faire pour entretenir son "jardin" en bonne santé ? "Avant de penser médicaments, l'alimentation est notre premier remède en termes de prévention", assure Francisca Joly-Gomez, également auteure de L’intestin, notre deuxième cerveau : comprendre son rôle et Bien nourrir notre intestin, parus aux éditions Marabout, en 2016.

L'importance des fibres. Les deux spécialistes ont surtout insisté sur l'importance des fibres dans l'alimentation. "Il est recommandé de manger 30 grammes de fibres par jour pour bien entretenir son microbiote", indique Dorothée Vatinel. "On les trouve dans des framboises, asperges, légumes, des pâtes complètes, du pain complet. Ce n'est pas si difficile que ça d'atteindre les 30 grammes par jour." "Les enfants sont très attentifs à ça, ils adorent toucher et comprendre que les fibres, ce n'est pas seulement les haricots verts. On peut en trouver dans d'autres choses colorées qui sont très bonnes", estime Francisca Joly-Gomez.

Les aliments "détox", un piège ?

"Quand il y a le mot "réparer", ou "détox", il faut le mettre de côté", assure Francisca Joly-Gomez. "On ne sait pas, pour un individu donné, quel serait le bon microbiote. On devrait faire 'à la carte' sauf qu'on ne sait pas quel était son microbiote quand il était en bonne santé et donc le réparer. "On ne peut pas dire qu'un probiotique peut marcher chez tout le monde ou pour toutes les maladies", complète la spécialiste.