LA QUESTION SEXO - Mon pénis fait-il la bonne taille ?

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Jeudi, dans l'émission "Sans Rendez-Vous", la sexologue Catherine Blanc répond à un auditeur qui complexe sur la taille de son pénis, alors que ses partenaires ne s’en sont jamais plaintes.
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La pornographie a pu donner à certains hommes de nombreux complexes quant à leur virilité, en diffusant une idée du mètre étalon parfois éloignée du commun des mortels. Comme si l’intensité du plaisir donné à sa partenaire était nécessairement corrélée à la taille. Jeudi, dans Sans Rendez-Vous, l’émission Santé d’Europe 1, la psychanalyste et sexologue Catherine Blanc nous explique ce qui se cache derrière cette préoccupation toute masculine.

La question d’Olivier, 38 ans

"Depuis ma jeunesse je complexe quant à la taille de mon sexe. Mes partenaires n’ont jamais semblé en être dérangées et ne m'en ont jamais fait le reproche. Mais pour moi, dévoiler mon anatomie a toujours été un supplice. De l’avis médical, il n’y a rien à redire, mais je n'arrive pas à me sortir cette idée de la tête. Qu’en pensez-vous ?"

La réponse de Catherine Blanc

"Cette question rend compte d’un grand doute quant à soi. Si tout est normal pour le corps médical, c’est qu’Olivier n’a pas de micropénis, ce qui d’ailleurs ne concerne qu’une toute petite proportion de la population. Il s'agit donc d'une idée subjective, qui est une lecture de soi et de sa valeur. Le pénis étant extérieur et mesurable, c’est souvent sur ces points-là, qui racontent le pouvoir du masculin et du féminin comme la poitrine chez la femme, que nous nous attachons pour mesurer l’étendue de notre pouvoir et de notre capacité.

Existe-t-il une taille idéale pour donner du plaisir à sa partenaire ?

Le sexe féminin étant une cavité virtuelle, qui va prendre la forme de ce qui le pénètre, quand bien même le pénis d’Olivier serait tout petit, il rentrerait normalement et en toucherait les bords. La longueur d’un vagin est assez courte, seulement cinq centimètres. Donc sentir la profondeur du vagin, et notamment le col de l’utérus, ne pose aucun problème quel que soit la taille du pénis.

Une patiente me disait un jour, en parlant d’un homme avec lequel elle découvrait pour la première fois de sa vie, à 37 ans, la jouissance : 'Et pourtant, il n’a pas un pénis extraordinaire.' Elle disait avoir eu des hommes très membrés, et finalement le plaisir ne s’est pas fait de ce côté-là.

Comment expliquer que la taille du pénis tourne à l'obsession chez certains hommes ?

Dans le cas d’Olivier, il s’agit vraisemblablement moins d’une histoire de corps que d’une histoire psychologique sur laquelle il a tout intérêt à réfléchir. Il faut essayer de comprendre les raisons qui font qu’il a une vision si dévalorisée de lui-même. Il peut y avoir des choses très humiliantes vécues dans l’enfance, comme des violences subies, qui ont fait le lit d’une anxiété qui a grandi.

Se construire en tant qu’homme nécessite de se sentir légitime et, selon nos histoires personnelles, nous n’avons pas tous la même lecture de nous-même. Pour peu qu’il ait eu un père grand, fort, tyrannique, écrasant, un jeune homme va se construire plus difficilement une idée de sa propre capacité, de la propre force qu’il attribue à son pénis parce que c’est l’organe qui symbolise la virilité.

Il y a des hommes qui sont capables de faire des choses peu respectueuses de leur corps, d’aller jusqu’à la mutilation pour essayer d’allonger leur pénis. Certes, la chirurgie est capable de choses fantastiques, mais avant de se lancer là-dedans, faire la paix avec son corps est encore la meilleure manière pour se construire et avancer dans une relation."

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