LA QUESTION SEXO - La sodomie me terrifie, que dois-je faire ?

  • A
  • A
Dans Sans Rendez-Vous, Julie demande à Catherine Blanc si elle doit accepter de pratiquer la sodomie, comme lui a proposé son mari. (Photo d'illustration) 5:23
Dans Sans Rendez-Vous, Julie demande à Catherine Blanc si elle doit accepter de pratiquer la sodomie, comme lui a proposé son mari. (Photo d'illustration) © AFP
Partagez sur :
Dans l'émission Sans Rendez-Vous, la sexologue Catherine Blanc répond à une auditrice qui ne sait pas si elle doit accepter de pratiquer la sodomie, comme lui a proposé son mari. 
EUROPE 1 VOUS ACCOMPAGNE

Peur de la douleur, pudeur, dégoût... De nombreuses raisons peuvent dissuader les hommes comme les femmes de pratiquer la sodomie. Alors, lorsque l'on est réticent face à cette pratique sexuelle, que peut-on répondre à son partenaire, qui, lui en exprime l'envie ? Catherine Blanc donne ses conseils pour réussir à surmonter cette difficulté

La question de Justine

"Je vis avec mon mari depuis sept ans. Tout se passe bien au niveau sexuel mais voilà que depuis quelques semaines, il me demande de pratiquer la sodomie. Cela me terrifie. Que dois-je faire ?"

La réponse de Catherine Blanc 

"Dans son corps, rien n'annonce le désir manifeste d'une sodomie, d'une pénétration au niveau anal. Dans son corps, dans la mesure où elle est excitée, il y a un lieu qui se manifeste fortement et dans lequel elle a pris la tranquillité, la mesure de ce qu'elle pouvait en faire, de ce qu'il pouvait s'y passer. Là, il y a une pudeur (tout à fait légitime) vis-à-vis d'une autre zone qui est plutôt identifiée comme sale par rapport à l'autre, identifiée comme blanche, nette, belle, propre. Il y a aussi le fait que physiologiquement, le vagin n'est absolument pas un muscle. Il n'y a pas de contraction qui empêche la pénétration si ce n'est bien sûr que la contraction du périnée mais qui n’empêche nullement la pénétration. Du point de vue anal, le rectum est un muscle extrêmement puissant et heureusement, sinon, nous ne serions pas propres. Ce n'est donc pas du tout la même chose que d'être pénétré par un pénis. Surtout qu'en plus, c'est un muscle qui permet l'acheminement vers l'extérieur et non l'accueil."

D'où vient cette envie de pratiquer la sodomie ? 

"L'homme aime bien l'idée de pénétrer tout ce qui est pénétrable. Il y a vraiment un plaisir. C'est constitutionnel du petit garçon. Quand vous regardez des enfants, cela ne vient pas à l'idée d'une petite fille de mettre des pétards dans une fourmilière. C'est un truc de garçon. Ayant un pénis, assez naturellement il a la prise mâle et donc il cherche toutes les prises femelles. C'est quelque chose de l'ordre, fondamentalement, de la structure psychique du garçon. Dans l'idée de pénétrer une zone vaginale et de pouvoir pénétrer une zone anale, c'est pouvoir tout combler et cela renvoie à l'idée de toute-puissance. Il y a à la fois de la curiosité, à la fois de la manifestation de 'Je peux tout combler et donc je suis très puissant'."

Les sensations sont-elles réellement différentes ?

Pour les hommes, la sodomie procure des sensations différentes. Car, n'étant pas de même structure, étant une zone très musclée, c'est une zone où le pénis se sent plus serré. C'est compliqué pour les femmes parce que c'est comme si c'était un déni de leur vagin, de la qualité et de l'intérêt que représente leur vagin. Pour une femme, c'est compliqué indépendamment de sa pudeur au niveau du rectum et de la crainte de la douleur. C'est l'idée que ce qui me spécifie dans ma féminité ne l'intéresse pas alors qu'il s'intéresse à une zone de mon corps qui pourrait être celle d'un garçon. En quoi je suis reconnue et valorisée dans ma féminité alors que finalement un garçon pourrait lui apporter exactement la même chose. 

Comment réagir à cette demande ? 

Le premier des conseils, c'est de ne pas se contraindre. Si on est terrifié par quelque chose, on ne le fait pas. On dit non et puis c'est tout ou on s'amuse autour de on voit ce que l'on peut en faire. On n'est pas dans un film pornographique. On ne va pas être filmé en gros plan. On n'est pas dans une obligation de performance. Donc, le but, c'est de pouvoir être en tranquillité avec ce qui va se jouer et se donner le droit de dire stop quand on a envie de dire stop. Les lubrifiants, pourquoi pas mais on n'est pas obligé d'arriver avec la mallette du bricoleur. Le but de la sexualité, c'est de pouvoir s'amuser dans le respect de l'un et de l'autre, dans la curiosité et le fait de repousser potentiellement ses propres frontières. Mais, on a le droit d'avoir des frontières. Donc si, effectivement, j'ai envie d'essayer et que cela me paraît compliqué, il y a des lubrifiants mais encore une fois, cela se fait progressivement, dans la tranquillité et surtout quand elle sera prête. Ce n'est pas une dictature imposée à l'autre dans un sens comme dans l'autre."

Europe 1
Par Catherine Blanc