La faculté de médecine de Lille suspend son diplôme d'homéopathie : "Elle est présentée comme abusivement efficace"

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Interrogé par Europe 1, le doyen de la faculté de médecine de Lille estime que les études sur l'homéopathie "ne sont pas solides".

L'éternel débat sur l'homéopathie a pris une nouvelle tournure dimanche, à Lille. La faculté de médecine a suspendu son diplôme d'homéopathie  pour l'année universitaire 2018-2019 dans "l'attente de la position" de la Haute autorité de santé (HAS) sur cette pratique, a-t-on appris dimanche auprès du doyen de la faculté. Au micro d'Europe 1, ce dernier a justifié sa décision. 

"Nous n'enseignons que des éléments scientifiques". "On sait que ce qui est efficace dans l'homéopathie, c'est l'effet Placebo. L'homéopathie n'a pas d'effets propres. Elle est présentée abusivement comme efficace. Il y a quelques études rares, peu solides, sur de petites populations. L'idée, en mettant fin à cet enseignement, c'est d'affirmer que nous n'enseignons que des éléments scientifiques", explique Didier Gosset. "Ce sont des diplômes qui ont été mis en place dans les années 80. Depuis, les connaissances scientifiques ont évolué. Mais celles sur l'homéopathie n'ont pas évolué. C'est une doctrine qui est resté en marge du mouvement scientifique", enchaîne-t-il.

 Le débat sur l'utilité de l'homéopathie a resurgi avec vigueur en France, numéro un mondial des préparations homéopathiques, depuis la publication mi-mars dans Le Figaro d'une tribune au vitriol d'une centaine de médecins opposés à cette pratique et réclamant l'arrêt de sa prise en charge partielle par l'assurance maladie. Cette tribune attaquait les "médecines alternatives", dont l'homéopathie, pratiquées selon les signataires "par des charlatans en tout genre qui recherchent la caution morale du titre de médecin pour faire la promotion de fausses thérapies à l'efficacité illusoire".

Un avis de la Haute autorité attendu fin février. Des médecins favorables à l'homéopathie ont répliqué en portant plainte devant le Conseil de l'Ordre des médecins contre les signataires. Le ministère de la Santé a saisi la Haute autorité de santé pour évaluer l'efficacité de l'homéopathie et le bien-fondé de son remboursement et attend son avis d'ici fin février. "Pour l'instant, c'est une suspension. La Haute autorité a été saisie pour que l'on mette en accord nos enseignements avec cette nécessité d'une rigueur scientifique", a précisé Didier Gosset. 

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