Fibromes, polypes utérins, kystes des ovaires... De quoi parle-t-on ?

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Lorsqu'ils sont indolores, les kystes de l'ovaire sont généralement découverts de manière fortuite. (Image d'illustration) © Pixabay
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Invitée mardi de "Sans Rendez-vous" sur Europe 1, la gynécologue-obstétricienne "Juju la Gygy" s'est penchée sur certaines pathologies associées aux organes féminins. Fréquentes, ces maladies sont pourtant mal connues du grand public en raison des tabous qui entourent encore cette partie du corps.

Le manque d'information et les tabous qui entourent souvent l'anatomie féminine peuvent conduire les femmes à méconnaître leur propre intimité et, par voie de conséquence, les pathologies qui y sont liées. Au risque parfois de se rendre tardivement chez le gynécologue après l'apparition de certains symptômes. Invitée de Sans Rendez-vous, l'émission santé d'Europe 1, la gynécologue-obstétricienne "Juju la Gygy" - il s'agit d'un pseudonyme -, à l'origine du Guide gynéco joyeux et décomplexé aux éditions First, nous éclaire sur certaines maladies de l'utérus et des ovaires. Bénignes pour la plupart, certaines doivent toutefois être considérées avec attention.

Les fibromes

Un fibrome est toujours bénin et ne peut pas se cancériser. "C'est une sorte de boule de fibres qui se développe aux dépens du muscle de l'utérus. Ils peuvent avoir toutes les tailles, de celle d'un petit-pois à celle d'un pamplemousse", explique notre invitée. Les fibromes ne doivent pas être confondus avec l'endométriose, plus grave, qui est un développement anormal de l'endomètre, la muqueuse utérine, en dehors de l'utérus.

"Les fibromes sont très fréquents. Parfois, on ne sait même pas qu'on en a, mais au moins la moitié des femmes en auront dans leur vie. Et ça n'est pas grave !", tient à rassurer notre gynécologue. On les observe néanmoins plus fréquemment chez les personnes d'origine africaine.

"S'ils deviennent importants, volumineux, ils peuvent gêner les organes voisins. Ils peuvent appuyer sur la vessie, donner des symptômes urinaires, ou au contraire appuyer sur le rectum", indique encore "Juju la Gygy". "Ils peuvent être douloureux quand ils se ramollissent. Il s'agit de la nécrobiose, qui peut survenir pendant la grossesse."

Les polypes utérins

Les polypes se développent au niveau de l'endomètre. De façon générale, le polype est une petite excroissance qui s'installe dans ce que l'on appelle "la lumière" d'un organe, c'est-à-dire sa partie interne creuse. "On peut en avoir dans la gorge, mais aussi dans le tube digestif et donc en avoir dans l'utérus", résume notre gynécologue. Ils sont généralement asymptomatiques et bénins mais peuvent s'accompagner de saignements.

Les kystes de l'ovaire

En gynécologie, les kystes se développent principalement sur les ovaires. On en distingue deux types : "Il y a les kystes fonctionnels qui sont liés au fonctionnement normal de l'ovaire." Il s'agit alors d'un follicule, c'est-à-dire d'une poche à l'intérieur de laquelle se développe l'ovule, et dont la taille devient plus importante que la normale. Ce type de kyste disparait généralement de lui-même, au gré du cycle menstruel.

"À l'inverse, il y a les kystes que l'on appelle organiques, qui peuvent être liquidiens ou tissulaires, parfois mixtes, et qui sont soit bénins soit malins." En l'absence de gêne, ce type de kyste est généralement découvert de manière fortuite, à l'occasion d'une échographie par exemple.

Qu'est ce que le syndrome des ovaires polykystiques ou SOPK ?

"Ce syndrome porte mal son nom parce que quand on entend 'syndrome des ovaires polykystiques', on a l'impression qu'on va avoir un ovaire avec plein de kystes. Or, ce n'est pas le cas", souligne notre gynécologue. "Il s'agit d'un ovaire qui sera plein de follicules, ce qui est normal puisque ce sont eux qui vont donner les ovules. Il y a une dizaine de follicules sur chaque ovaire, qui mâturent tous les mois, dont un qui devient dominant. Mais avec le SOPK, les follicules sont beaucoup plus nombreux, ce qui va entraîner un désordre hormonal."

Ce désordre hormonal va notamment se traduire par un dérèglement des cycles, avec des règles plus rares ou très longues, et un surplus d'hormones mâles, que l'on appelle hyperandrogénie, à l'origine d'acné et d'un hyper développement de la pilosité.

Europe 1
Par Romain David