Deux innovations françaises pour mieux prendre ses traitements médicaux

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© JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Comment faire en sorte que les gens prennent efficacement leurs traitements médicaux ? Deux entreprises françaises ont développé des technologies pour améliorer la santé.
LA FRANCE BOUGE

Encore trop de décès ou de complications médicales sont dus à des médicaments mal pris, non pris ou mal prescrits. C'est le constat dressé par les fondateurs de MedinCell et Synapse Medicine. Dans La France bouge, lundi sur Europe 1, Raphaëlle Duchemin met un coup de projecteur sur ces deux entreprises françaises qui innovent pour enrayer ce phénomène. 

MedinCell, des traitements injectables à action prolongée

En moyenne, un patient sur deux ne démarre pas ou ne va pas au bout son traitement. C'est en partant de ce constat alarmant que Christophe Douat, fondateur de MedinCell, une entreprise basée à Montpellier, a réfléchi à une nouvelle façon de prendre ses médicaments. Avec son équipe, il a développé une méthode d'injection, qui diffuse lentement le produit dans l'organisme. 

"L'injection forme une boule de la taille d'un petit pois sous la peau. Cette petite boule va se dégrader sous l'effet de l'eau sous la peau, et va libérer le médicament de façon sécurisée pendant une période choisie", décrit-il au micro d'Europe 1. Très flexible, la technologie mise au point par MedinCell peut s'adapter au besoin médical en fonction de la maladie à traiter.

"Dans nos traitements les plus avancés contre la schizophrénie, on est sur des durées d'un ou deux mois. Pour une anesthésie, on est sur une semaine", précise-t-il. Intéressée par le produit, la fondation Bill et Melinda Gates a choisi l'entreprise montpellieraine pour développer un système de contraception par injection, efficace sur une durée de six mois. Actuellement, MedinCell travaille ardemment sur un traitement anti-rejet après une greffe d'organe, et ainsi éviter aux patients de penser à prendre des médicaments quotidiennement jusqu'à la fin de leur vie.

>> De 13h à 14h, La France bouge avec Raphaëlle Duchemin sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

Dans certains cas, le patient pourra lui-même s'injecter le médicament, ce qui libérera du temps pour les médecins ou le personnel soignant. "L'avantage de notre technologie, c'est qu'on peut retirer la petite boule sous la peau le cas échéant", assure aussi Christophe Douat.

La technologie a d'autres avantages, notamment écologiques. "On évite le conditionnement des boîtes de médicaments. Et on évite aussi le cas où le patient, n'ayant pas pris son traitement, finit par le jeter à la poubelle au lieu de le rapporter à la pharmacie. Car on sait que cela pollue l'eau", souligne Christophe Douat. Il assure en outre que cette technologie sera financièrement intéressante : "Avec l'aide apportée par la fondation Gates, on va atteindre des prix de moins de 2 dollars par injection pour six mois."

Synapse Medicine, l'intelligence artificielle au service de la prescription de médicaments

Entre 10.000 et 12.000 décès sont le fait chaque année d'un mauvais usage du médicament. Pour éviter cela, Clément Goehrs, médecin, a imaginé une plateforme d'intelligence artificielle pour accompagner les médecins dans leurs prescriptions, et leur faire gagner du temps. "Il faut se rendre compte qu'aujourd'hui, bien prescrire ou bien délivrer un médicament, c'est devenu extrêmement complexe. Il faut aller chercher des informations sur le patient et sur le médicament, dans 5, 10, 20 sources différentes", explique-t-il sur Europe 1.

C'est ainsi qu'il y a 18 mois, Clément Goehrs a fondé Synapse Medicine. Comment ça marche ? "On a des algorithmes qui chaque nuit, inlassablement, parcourent ces fameuses sources de référence sur le médicament (les notices, mais également des sources de référence éditées par la Haute autorité de santé). Pour permettre d'avoir une connaissance médicale toujours à jour, toujours fiable à l'échelle de la journée", explique-t-il. "Un professionnel de santé peut demander à la plateforme comment prescrire tel ou tel médicament à un patient qui a une insuffisance rénale. Et Synapse va lui répondre."

Depuis le lancement officiel de la plateforme en mars, plusieurs centaines de médecins, mais aussi des hôpitaux et des services de téléconsultation, utilisent cette technologie.

Europe 1
Par Anaïs Huet