Depuis quelques jours, la France traverse un épisode caniculaire historique. Pour compenser les pertes hydriques liées notamment à la transpiration, notre organisme a besoin d'un apport régulier en eau. Pourtant, la sensation de soif s'amenuise avec l'âge.
Après des records de températures enregistrés mardi 22 juin, la canicule se poursuit en France. De premiers décès liés à la chaleur ont déjà été recensés. Selon l'OMS, le stress thermique est la principale cause de mortalité liée aux conditions météorologiques.
Face aux vagues de chaleur extrême, les seniors sont les plus vulnérables, notamment parce qu'ils sont davantage sujets à la déshydratation. Explications.
Une sensation qui diminue avec l'âge
Avec l'âge, plusieurs mécanismes physiologiques s'altèrent et rendent les personnes âgées particulièrement vulnérables à la déshydratation lors des épisodes de forte chaleur.
En vieillissant, la sensation de soif diminue progressivement, en raison d'un facteur neurologique. Les osmorécepteurs, chargés de détecter la concentration en sel du sang et de déclencher la sensation de soif, deviennent en effet moins sensibles. Résultat : le signal d'alarme tarde à se manifester, voire ne se manifeste pas du tout. Une personne âgée peut donc être déshydratée sans s'en rendre compte.
À cela s'ajoutent une réduction de la perception de la chaleur et des capacités de transpiration, laquelle permet de rafraîchir le corps en s'évaporant, ainsi qu'une altération de la fonction rénale, qui assure le maintien d'un équilibre hydro-électrolytique correct.
Des épisodes caniculaires plus nombreux
Alors que le changement climatique touche toutes les régions du monde, le "nombre de personnes exposées à la chaleur extrême augmente de manière exponentielle", prévient l'ONU. Selon l'organisme, la mortalité liée à la chaleur chez les personnes de plus de 65 ans a augmenté d’environ 85 % entre 2000-2004 et 2017-2021.
En France, un rapport de l'association Conséquences tire la sonnette d'alarme : près de 7 millions de seniors risquent d'être exposés à partir de 2030 à des épisodes autant voire plus intenses que la canicule de 2003.
"D'ici 4 ans, à peu près un Français sur 5 aura plus de 65 ans, et le nombre de vagues de chaleur d'ici 20 ans sera multiplié par 5. Ce qu'on vit va devenir quasiment la nouvelle norme, de Dunkerque à Marseille", explique à l'AFP le chercheur Paquito Bernard, co-auteur de l'étude.