À l'occasion du lancement d'Octobre Rose ce jeudi, l'Institut Curie met en avant une technologie qui pourrait permettre, à terme, de mieux adapter les traitements contre le cancer du sein.
En France, près de 60.000 nouveaux cas de cancer du sein sont diagnostiqués chaque année. Pour améliorer la prise en charge des patientes, les chercheurs cherchent notamment à mieux identifier, pour chaque tumeur, le traitement auquel elle sera la plus sensible.
C'est l'objectif des "tumeurs sur puce" développées à l'Institut Curie, qui permettent de tester plusieurs chimiothérapies sur un même prélèvement de tumeur et d'observer leur efficacité en quelques jours.
Tester plusieurs traitements sur une même tumeur
Le principe : prélever des cellules cancéreuses chez une patiente, puis les placer sur une petite puce avec différents liquides, notamment du collagène. L'ensemble permet de recréer, en laboratoire, une partie de l'environnement dans lequel évolue la tumeur.
Les chercheurs peuvent alors exposer ces tumeurs miniatures à différents traitements et observer leur réaction. En quatre jours seulement, ils sont capables de comparer l'efficacité de plusieurs chimiothérapies.
Autre avantage : un seul prélèvement peut permettre de fabriquer jusqu'à 30 puces. De quoi tester plusieurs traitements à partir d'un même échantillon. Une révolution pour le Dr Claire Rougeulle, directrice du Centre de recherche de l'Institut Curie :
"Cultiver ces modèles tumoraux en laboratoire offre des horizons totalement nouveaux pour comprendre plus finement la biologie des tumeurs. Quels sont les facteurs qui vont permettre sa croissance, ou au contraire la bloquer et surtout pouvoir tester en temps réel l’efficacité des traitements sur des tumeurs dérivées de chaque patiente."
Les premiers résultats sont encourageants : dans 80% des cas étudiés, le traitement qui fonctionnait sur la "tumeur sur puce" s’est également révélé efficace sur la tumeur chez l'animal.
La prochaine étape sera donc de passer à l'humain. Un essai clinique doit débuter l'an prochain auprès de patientes atteintes d'un cancer du sein, pour déterminer si cette technologie peut réellement aider les médecins à choisir le traitement le plus adapté à chacune.