Des médecins alertent sur les troubles respiratoires du sommeil chez l'enfant

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Les enfants, eux aussi, sont victimes d'apnée du sommeil.
Les enfants, eux aussi, sont victimes d'apnée du sommeil. © Frederic J. BROWN / AFP
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Un collectif de médecins entend sensibiliser le grand public au problème, méconnu, des troubles respiratoires du sommeil chez les enfants.

Le phénomène d'apnée du sommeil, ces pauses respiratoires qui surviennent pendant la nuit et qui ont des conséquences sur la santé (perte d'attention, troubles de la mémoire, risques vasculaires…), est désormais plutôt bien connu du grand public. Mais ce que l'on ignore souvent, c'est que ce trouble touche aussi bien les adultes que les enfants. C'est le sens d'un appel lancé dans Le Monde par un collectif de médecins.

"Il ne s’agit pas d’une maladie rare : au moins 5% des enfants sont concernés par des formes modérées à sévères", écrit ce collectif, qui réunit des pneumo-allergologues, un neurophysiologiste et un pneumopédiatre. "Et il est à craindre que ces chiffres grimpent, les facteurs de risque de cette pathologie étant en augmentation constante dans notre société. Or certains d’entre eux sont accessibles à la prévention : le tabagisme passif, la malbouffe et la sédentarité qui conduisent au surpoids, le nez bouché. D’autres doivent conduire à un dépistage précoce : l’hypertrophie des végétations et des amygdales, les antécédents familiaux d’apnées du sommeil, l’asthme et les allergies, en lien direct avec l’aggravation de la pollution de l’air."

 

Quels sont les symptômes ? Le premier des symptômes de l'apnée du sommeil, pour l'adulte comme pour l'enfant, est le ronflement. Une personne qui souffre d'apnée du sommeil peut également avoir des envies fréquentes d'aller aux toilettes durant la nuit ou être sujette à des sueurs nocturnes. Durant la journée, un manque d'attention, des maux de tête ou une fatigue chronique peuvent également conduire à s'interroger.

"Trop peu d'enfants sont dépistés". Le collectif de médecins, qui pointe du doigt également les "écrans voleurs de temps de sommeil", regrette que ce sujet reste malgré tout "injustement confidentiel". "Trop peu d'enfants sont dépistés et soignés de façon optimale", écrivent-ils, alors qu'un "continuum" semble exister entre l'enfant et l'adulte concernant les troubles du sommeil. Dans leur tribune, ils plaident pour "un dépistage précoce des ronfleurs" et "une prise en charge multidisciplinaire rapide", reposant "sur l'éducation au mouchage, le traitement des allergies, la chirurgie si nécessaire, l'orthodontie, la rééducation à la respiration nasale, l'accompagnement diététique et psychologique du surpoids".

"Le traitement nocturne par pression positive continue (PPC) peut être proposé transitoirement aux enfants ayant les retentissements les plus sévères, le temps de bénéficier des autres thérapeutiques", écrivent encore les médecins. Le traitement par PPC, relativement contraignant pour les patients, notamment lorsqu'ils doivent voyager, consiste en l'utilisation d'un appareil qui, pendant la nuit, envoie l'air dans les voies respiratoires avec une légère surpression.

"Grande cause nationale". Pour améliorer la situation, les médecins signataires de l'appel ont créé une association, Ideas (pour Interdisciplinarité enfant adolescent sommeil), qui propose d'accompagner différents métiers de la santé dans ce combat.  "Face à ce problème de santé publique et à ses graves conséquences pour de trop nombreux enfants, il est impératif d’alerter et de construire collectivement une réponse sanitaire", concluent-ils dans leur tribune. "Ces petits patients ont besoin de nous tous, et nous appelons à faire des troubles du sommeil de l’enfant une grande cause nationale."

Les facteurs aggravants. Dans un article sur l'apnée du sommeil, l'Assurance maladie rappelle les différents facteurs favorisant l'apnée du sommeil : le surpoids et l'obésité, l'âge (un tiers des plus de 65 ans sont concernés), le sexe (les hommes sont plus exposés que les femmes), l'obstruction nasale, les particularités génétiques de la taille et de la position de la mâchoire. L'alcool, les sédatifs et le tabac peuvent aggraver les symptômes.