VIDÉO - Faut-il poursuivre l'élargissement de l'Union européenne ?

  • A
  • A
Claire Rabèse, porte-parole d'un think tank pro-européen, et Christopher Dembik, économiste, débattent de l'élargissement de l'Union européenne.
Claire Rabèse, porte-parole d'un think tank pro-européen, et Christopher Dembik, économiste, débattent de l'élargissement de l'Union européenne. © Montage Europe 1
Partagez sur :
Alors que plusieurs pays, notamment la Serbie, sont officiellement candidats à une entrée dans l'Union européenne, la question divise profondément. Nous avons demandé l'avis de deux experts.
VIDÉO

Vaut-il mieux élargir l'Union européenne ou l'approfondir ? Ne peut-on pas faire les deux à la fois ? Après la question de la Turquie, largement débattue dans les années 2000, la possibilité d'intégrer les pays des Balkans, et notamment la Serbie, est examinée par l'Union. Europe 1 a interrogé deux spécialistes pour en savoir plus.

"L'Union européenne a une force d'attraction". Claire Rabès, porte-parole du think tank pro-européen Point d'AEncrage, estime qu'il n'y a pas de raison d'exclure a priori des pays qui, de fait, sont situés sur le continent européen. "L'Union européenne a une force d'attraction et il est nécessaire pour sa stabilité de continuer d'être cette force d'attraction." Pour elle, élargir ne veut pas dire renoncer à approfondir. Au contraire. "Cela va nous forcer à nous réformer, avec plus d'harmonisation, que ce soit budgétaire ou fiscale." Pour cela, encore faut-il assumer une Europe à plusieurs vitesses. Mais celle-ci "existe déjà", souligne Claire Rabès. "Aujourd'hui, on a une zone euro qui ne regroupe pas tous les pays, un espace Schengen qui ne regroupe pas tous les pays. Et c'est une bonne chose parce que les pays membres de l'Union européenne ne voudront jamais chacun le même degré d'adhésion au système qu'on va mettre en place."

Des problèmes économiques et politiques. De son côté, l'économiste Christopher Dembik n'a pas le même point de vue. Le retard économique des pays candidats, notamment la Serbie, lui semble rédhibitoire. "Si on intègre un pays qui a un retard économique important, finalement on ne va peut-être pas l'aider tant que cela… Bien sûr, il y aura des flux de capitaux, des flux d'investissements qui seront plus importants. Mais comme le pays sera intégré dans l'Union européenne, il n'y aura plus de frontière. Les forces vives, donc les jeunes diplômés, ceux qui théoriquement vont servir au développement, au redressement de l'économie du pays, vont tout simplement partir." En outre, un élargissement ne lui semble pas politiquement judicieux. "Bien sûr, l'effet de nombre est toujours plus positif mais l'effet de nombre implique aussi d'avoir la même vision. Aujourd'hui, on l'a vu constamment, sur une multitude de sujets, les Européens sont très nettement désunis."