Plusieurs médias et associations de droite dénoncent depuis plusieurs jours la fermeture de leurs comptes bancaires. Une polémique relancée par les difficultés du Rassemblement national, parti de Marine Le Pen, à financer sa campagne présidentielle.
Le Rassemblement national va-t-il réussir à financer sa campagne présidentielle ? Cela peut paraître ubuesque dans une démocratie, mais le parti en tête des sondages ne dispose pas, à moins d'un an de la présidentielle, des fonds nécessaires pour se présenter devant les Français, faute de prêts.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu réunissait d'ailleurs le lundi 20 juillet plusieurs banques tricolores pour les inciter à corriger cette anomalie. Les difficultés de financement rencontrées par les troupes de Marine Le Pen rappellent le quotidien de toute une partie de la droite médiatique.
Des "comptes politiques à risques" ?
Frontières, L'Incorrect, Némésis, Fdesouche, Vincent Lapierre ou encore TV Libertés... Autant de noms de médias ou de collectifs qui ont un point commun : tous se sont vu fermer leur compte bancaire du jour au lendemain.
Dans Le Figaro, la militante Alice Cordier du Collectif Némésis assure que son organisation a été cataloguée comme un "compte politique à risques" par la direction du Crédit Mutuel. Résultat : l'association a perdu près d'un an de financement.
Récemment, ce sont même des députés du Rassemblement national qui témoignent avoir été radiés du jour au lendemain, parfois après plus de 20 ans de fidélité. De leur côté, les banques évoquent leur obligation en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
Un argument difficilement entendable, car l'ultra-gauche reste épargnée par ces fermetures, même quand elle est financée par des dons étrangers. En réponse, le centriste Philippe Folliot avait fait voter une loi à l'Assemblée nationale et au Sénat pour obliger les banques à s'expliquer sur ces fermetures.
Mais sous la pression des lobbies bancaires, le texte a été enterré et les comptes personnels du sénateur ont été fermés. Une situation qui oblige aujourd'hui Matignon à voler au secours du Rassemblement national pour lui trouver un financement bancaire.