Matthias Renault, député RN de la Somme, a décidé de saisir le procureur de la République au titre de l'article 40 après l'appel du streameur Rav4chol a notamment "foutre le feu" aux sièges de CNews et BFMTV, mais aussi à s'en prendre à RTL et "pourquoi pas" à France Télévision.
Il a décidé de saisir le procureur de la République au titre de l'article 40. Matthias Renault, député Rassemblement national de la Somme, a décidé d'agir face aux propos tenus par Rav4chol.
"Vous avez ce streameur qui, sur Internet, de la façon la plus tranquille du monde, appelle à brûler et à saccager des médias en raison de leur orientation politique", notamment CNews et BFMTV, rappelle le député dans Eliot Deval et vous.
"On est dans une espèce d'engrenage verbal, mais qui fait écho à un engrenage sur le terrain, parce qu'il se réjouit publiquement des violences qui ont été commises, notamment sur le siège de CNews cet octobre [le 17 octobre, le siège parisien d'Europe 1, CNews et le JDD a été pris pour cible par une centaine de personnes, ndlr].
Le streameur "appelle à faire la même chose sur BFMTV, sur RTL, sur des médias qu'ils considèrent comme fascistes", indique l'édile.
Précisément, dans la vidéo partagée par le compte X TwitchGauchiste, on voit Rav4chol féliciter les gens qui ont attaqué le bâtiment qui abrite CNews et Europe 1 : "gg [bien joué, ndlr] aux gens qui s'en sont pris au siège de CNews".
CNews, BFMTC, France Télévision
(Partage l'adresse de RTL) « Je ne donne aucune consigne. Je ne fais que donner une adresse » « Il va vraiment falloir s'en prendre au siège de CNews, de BFMTV ... et y foutre le *** » « ******** toutes les vitres du siège de BFMTV. Faut leur faire peur à eux aussi » « N'oubliez pas de voter Mélenchon en 2027, bien entendu » — Rav4chol Contexte: Rav4chol, streameur anarchiste pro-LFI, tient à plusieurs reprises, au cours de ses streams, des propos incitant à la violence contre différents médias : CNews, BFMTV, RTL et même France Télévisions. Il va jusqu’à partager l’adresse du siège de RTL. Il tient également des propos violents à l’encontre du gouvernement et évoque la possibilité de profiter d’émeutes pour entrer dans un supermarché et en ressortir sans payer.
— TwitchGauchiste (@TwitchGauchiste) November 6, 2026
Il déclare également : "À un moment il va falloir s'en prendre au siège de CNews, de BFMTV, de toutes ces merdes et y foutre le feu. [...] J'encourage tout le monde à s'en prendre au siège de CNews, de BFMTV et même au siège de France Télévision pourquoi pas."
Pour ce streameur, qui tient par ailleurs des propos violents à l'égard du gouvernement et d'Emmanuel Macron, "ce sont des lieux stratégiques à s'attaquer en premier, niquer les médias et s'en prendre à leur siège". Il appelle également à "défoncer toutes les vitres de BFMTV" et estime qu'il "va falloir leur faire peur à eux aussi [les médias]".
Un vidéaste "à gauche de la gauche de l'extrême-gauche"
Le vidéaste qui se situe selon ses mots "à gauche de la gauche de l'extrême-gauche", et qui "va voter LFI même s'il se définit plus à gauche" que le parti de Jean-Luc Mélenchon, enfonce encore le clou en répétant qu'il est "important de viser le siège des médias", avant de donner l'adresse du siège de RTL en se dédouanant : "C'est important de savoir où se trouve le siège de RTL, je ne donne aucune consigne, je ne fais que donner une adresse."
Une violence verbale en ligne qui s'ancre également dans le réel, comme en témoigne l'action contre un Relay de la gare Montparnasse [qui appartient au groupe Lagardère et dont le groupe Bolloré est actionnaire, NDLR], ou encore cette campagne prévue du 4 au 13 décembre qui compte prendre pour cible les commerces qui diffusent la chaîne.
"On voit qu'on a quand même une extrême-gauche en roue libre en ce moment sur le thème de la censure et de l'atteinte à la liberté de la presse, de l'opinion et des médias", pointe Matthias Renault.
Quant à savoir si une sanction va être prise contre Rav4chol, il est encore trop tôt pour le dire pour le député, mais "ce serait quand même compliqué juridiquement d'avoir un classement sans suite avec un parquet qui expliquerait que finalement, ce serait dans le champ de la liberté d'expression. On est tellement en violation de la loi avec un appel très explicite à la violence, à s'en prendre à des biens et des personnes que là, ça paraît compliqué quand même d'avoir une réponse négative. En revanche, je doute que ce soit immédiat."