Alors que la polémique enfle dans le monde du cinéma en plein Festival de Cannes, Maxime Saada, le patron de Canal+, a répondu aux signataires d’une tribune très critique visant le groupe Bolloré. Une prise de position qui divise la classe politique.
L’affaire Canal+ s’est invitée mardi à l’Assemblée nationale. Alors que la polémique enfle dans le monde du cinéma, en plein Festival de Cannes, Maxime Saada, le patron de Canal+, a répondu, par des mots forts, aux signataires d’une tribune virulente visant le groupe Bolloré, dont Europe 1 fait partie.
"Je ne vais pas travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste", a déclaré Maxime Saada. Canal+, premier partenaire du cinéma français, a donc décidé de ne pas se laisser insulter. Une position qui fait grincer des dents dans une partie du milieu politico-culturel de gauche.
Le Nouveau Front populaire a immédiatement apporté son soutien aux signataires de cette tribune. "Nous sommes en guerre contre Vincent Bolloré", a ainsi déclaté la députée écologiste Léa Balage El Mariky. Les députés de gauche demandent à Canal+ de continuer à financer les acteurs et réalisateurs, tout en acceptant les accusations de fascisme portées contre le groupe.
"Certains se donnent des postures faciles, des combats faciles"
En réponse, une large partie de la classe politique prend la défense de Maxime Saada, à commencer par le maire de Cannes, David Lisnard. "Certains se donnent des postures faciles, des combats faciles. Ils auraient dû aller voir le film sur Jean Moulin, ils auraient vu ce qu’était la vraie résistance. Et je pense qu’ils auraient dû se taire", a-t-il déclaré.
Même tonalité du côté du Rassemblement national. Le député Roger Chudeau se montre catégorique : selon lui, le cinéma français n’existerait pas sans le groupe Bolloré.
En revanche, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, s’est montrée plus maladroite. D’un côté, elle rappelle le rôle majeur de Canal+, qui finance un film sur deux et l’autre, elle demande à Maxime Saada de continuer à payer sans donner son avis. Et ce, alors même que le gouvernement, plombé par le déficit, a réduit de 500 millions d’euros son soutien au cinéma français.