Suppression de la taxe d'habitation : Copé "effaré de voir ce gouvernement étrangler les communes"

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Le maire de Meaux, Jean-François Copé, déplore un "étranglement des communes" avec la suppression de la taxe d'habitation et la baisse des dotations. 

INTERVIEW

Alors que près de 6.000 communes ont augmenté leur taxe d'habitation, contrairement aux directives du gouvernement qui veut supprimer cette taxe d'ici à 2020, Jean-François Copé, maire Les Républicains de Meaux en Seine-et-Marne, regrette que les élus locaux soient stigmatisés, au micro Europe 1 de Bernard Poirette samedi.

Un gouvernement qui "étrangle les communes". "Depuis que j'ai été élu maire, j'ai baissé la taxe d'habitation pendant deux mandats et depuis elle est totalement stabilisée, comme la taxe foncière", assure l'édile en préambule. "J'ai souhaité mettre en place un système dans lequel on tient bien. Ça me rend d'autant plus à l'aise pour dire que je suis effaré de voir ce gouvernement étrangler à ce point les communes en France. C'est le monde à l'envers."

Selon Jean-François Copé, "ce pays tient grâce aux maires" qui "organisent la vie en société" sur le terrain à travers leurs diverses prérogatives locales (les écoles, les espaces verts ou encore la culture) et ce grâce à des dotations de l'État et des impôts locaux. "Dans le même temps, l'État, non content de nous baisser les dotations depuis des années, nous dit qu'on va pouvoir percevoir de moins en moins d'impôts parce qu'il a fait une promesse électorale sur l'un de nos impôts", déplore le maire.

"Comment s'en sortir si on est pointé du doigt ?" Il assure pourtant que la "noblesse de l'action publique" réside dans l'aide apportée par les collectivités locales aux "citoyens qui sont dans la plus grave difficulté. Comment voulez-vous qu'on s'en sorte si, en plus d'être étranglés, on est pointés du doigt ?" Jean-François Copé fait ainsi référence à la liste des 55 communes de plus de 10.000 habitants qui ont augmenté leur taxe d'habitation et qui a été largement partagée et critiquée sur les réseaux sociaux depuis jeudi.

Des maires découragés. "Il faut tenir bon et essayer de faire des économies", observe l'élu. "D'ailleurs, on ne tient même pas compte des villes comme Meaux qui ont déjà fait des économies ces dernières années, ce qui montre que tout ça se fait sans aucun discernement, sans aucune humanité, sans aucune attention aux élus."

"Il ne faut pas s'étonner que les gens ne veulent plus être maires", déplore Jean-François Copé. "Aujourd'hui, tout est organisé pour les stigmatiser. Et je suis désolé de voir des gens de qualité, comme Gérald Darmanin, Edouard Philippe, qui ont été maires, emboîter le pas de la stigmatisation des élus locaux."