Le projet de loi d'urgence agricole va connaître une semaine importante. Il sera soumis à un ultime vote, d'abord à l'Assemblée ce lundi, puis au Sénat mardi. Présenté comme une réponse à la grogne des derniers mois, le texte contient des mesures pour faciliter le stockage de l'eau ou encore la réintroduction de certains pesticides. Des mesures qui pour la plupart ont suscité l'opposition de la gauche mais que les sénateurs LR ont maintenues.
Si le texte était voté par les deux chambres cette semaine, plusieurs filières pourraient bénéficier d'une dérogation, présente dans ce projet de loi d'urgence agricole, pour réutiliser certains pesticides.
Un vote qui n'est pas garanti après la réécriture du texte par les sénateurs
Sur avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire, les cultures de betteraves, de pommes, de cerises ou de noisettes pourront ainsi à nouveau avoir recours au flupyradifurone ou à l'acétamipride, deux insecticides de la famille des néonicotinoïdes, autorisés en Europe mais interdits en France.
Leur utilisation avait été autorisée par la loi Duplomb mais censurée par le Conseil constitutionnel l'été dernier. Dans ce nouveau texte, la dérogation de l'État ne pourra pas excéder un délai de trois ans.
Les parlementaires ont également validé en commission mixte paritaire le doublement des capacités de stockage d'eau à usage agricole d'ici 2035. Les fameuses méga-bassines décriées par les Écologistes mais réclamées par les agriculteurs.
Les procédures de construction ont notamment été simplifiées. En cas d'approbation par les deux chambres, néanmoins rendue incertaine par la réécriture des sénateurs, le gouvernement espère voir plusieurs mesures entrer en vigueur dès cet été.