Ce mardi le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a émis la proposition d'interdire les meetings politiques dans les universités et établissements de l'enseignement supérieur, en cas de risque de trouble à l'ordre public. Une décision que partagent 64% des Français, selon un sondage CSA pour Europe 1, CNews et le JDD.
Quelques jours après la mort de Quentin, lynché en marge d'une conférence de l'eurodéputée insoumise Rima Hassan à Sciences Po Lyon, le ministre de l'Enseignement supérieur, a adressé une circulaire aux préfets et recteurs stipulant que tout meeting politique serait interdit dans les établissements universitaires, s'il existe un risque de trouble à l'ordre public.
Une décision avec laquelle 64% des Français sont d'accord, comme le révèle un sondage CSA pour Europe 1, CNews et Le Journal du dimanche. Si les réponses sont assez similaires en fonction de l'âge, de la profession, du sexe et même des affinités politiques des répondants, une catégorie de personnes tant à se démarquer.
Les aînés favorables à l'interdiction des meetings
Sur les 1.009 interrogés, 64% ont donc répondu favorablement à la question : "Faut-il interdire les meetings politiques dans les universités et autres établissements d'enseignement supérieur (type Sciences Po) ?" 35% ont répondu négativement et 1% a préféré ne pas se prononcer.
Dans le détail, les hommes se montrent davantage en accord avec l'annonce de Philippe Baptiste (65%), que les femmes. C'est au niveau des catégories d'âges que les écarts se creusent.
Si les moins de 35 ans sont assez divisés avec 54% de "oui" et 45% de "non", les Français de plus de 50 ans, répondent favorablement à la question à plus de 70%. Effectivement, les interrogés ayant entre 50 et 64 ans, sont en accord avec la mesure à hauteur de 70% et leurs ainés de plus de 65 ans s'y disent opposés à seulement 26%.
Pour ce qui est du détail par profession, les CSP+ sont les plus ouverts à l'autorisation de meeting dans les lieux de l'enseignement supérieur, étant donné qu'ils ne sont que 56% à être en accord avec le ministre. A contrario les inactifs sont les plus réfractaires à l'organisation de tels évènements, étant donné qu'ils sont 72% à souhaiter voir ces meeting être interdits.
Les proches de LFI en désaccord avec le ministre
C'est en regardant les réponses détaillées par proximité politique, que l'écart le plus important se creuse.
Tout d'abord on remarque que les personnes s'estimant proches des idées de la majorité présidentielle, se rapprochent grandement de la moyenne globale, puisque 65% d'entre eux voudraient interdire les meetings politiques dans les lieux estudiantins.
Pour les répondants attachés aux idées de la droite, les réponses sont presque semblables en fonction des partis politique. Si de manière générale, seuls 24% sont en désaccord avec le ministre, le taux s'affaiblit lorsqu'on s'éloigne du bloc central. Les proches des LR sont contre à 21% et uniquement à 17% pour les partisans du RN.
A gauche, en revanche, les réponses sont davantage disparates. Si 45% des interrogés affiliés à la gauche sont d'accord avec le ministre, cette chute de la moyenne est due aux réponses des proches de La France insoumise.
De fait, les proches des écologistes se rapprochent de la moyenne générale avec 62% des répondants qui ont répondu par le "oui", contre 53% pour les proches du Parti socialiste. Enfin, les questionnés se définissant proches de LFI ne sont que 22% à avoir répondu "oui" à la question posée.