Sexisme en politique : "Je me suis imposée la loi du silence", confie Ségolène Royal

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Chez Anne Roumanoff, l'ancienne ministre évoque son dernier livre, "Ce que je peux enfin vous dire", dans lequel elle dénonce notamment le sexisme dont elle a été victime dans le monde politique.
ANNE ROUMANOFF, ÇA FAIT DU BIEN

C'est le mouvement #Metoo qui lui a donné envie d'écrire Ce que je peux enfin vous dire. Un livre dans lequel Ségolène Royal règle ses comptes et dénonce le sexisme subi lors de ses années en politique. Chez Anne Roumanoff vendredi, elle revient sur différents épisodes marquants.

"On va jusqu'à mettre en cause la santé mentale". "Dans la première partie (du livre, ndlr), sur la brutalité subie par une femme en politique, c'est au fond ce que subissent bien des femmes", déplore Ségolène Royal. Dans Ce que je peux enfin vous dire, l'ancienne ministre pointe du doigt des éditorialistes, des adversaires politiques, mais aussi des personnalités de son propre camp. "Le fait qu'une femme ose prétendre à la fonction suprême (la présidence de la République) était pour eux insupportable", se souvient-elle.

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Ségolène Royal rappelle d'ailleurs les brimades dont elle a été victime pendant la campagne présidentielle. "Combien de fois on m'a traitée de folle ?", souligne-t-elle. "C'est insupportable, car on met jusqu'en cause la santé mentale des femmes dès lors qu'elles s'émancipent." Ségolène Royal met également en lumière d'autres exemples de traitement, notamment médiatique : "Quand un homme se trompe, on dit qu'il est fatigué. Quand c'est une femme, on dit qu'elle fait des bourdes."

"On a tellement besoin d'une société apaisée". De son propre aveu, Ségolène Royal a donc encaissé et attendu, avant de dire ses vérités. "Je me suis imposée la loi du silence", confie-t-elle. Avec ce livre, l'ancienne ministre de l’Environnement affirme parler "au nom de toutes les autres femmes". "On a tellement besoin d'une société apaisée, où les femmes et les hommes vivent en harmonie et se respectent mutuellement", conclut-elle.

Europe 1
Par Guillaume Perrodeau