L’État français met fin à sa collaboration avec l’américain Palantir, partenaire de la DGSI depuis dix ans. Un virage stratégique motivé par des enjeux de souveraineté numérique, qui ouvre la voie à une transition progressive vers la société française ChapsVision.
Un virage à 180 degrés. Sébastien Lecornu a annoncé mardi 17 juin que l’État français allait cesser sa collaboration avec l’Américain Palantir. Depuis dix ans, la DGSI est contractuellement liée à cette entreprise, souvent critiquée pour vouloir servir Washington. Question de souveraineté, une page se tourne, mais cela ne se fera pas du jour au lendemain. L'affaire pourrait prendre un minimum d'un an pour effectuer une transition en douceur et se tourner vers un nouveau fournisseur : ChapsVision.
Cette entreprise française vient de remporter le programme piloté par la DGSI destiné à doter les services de l’État d’une plateforme de traitement de données. Après les attentats de 2015, la France s’était tournée vers les technologies américaines pour accélérer ses capacités d’analyse.
L'État mise sur une solution française
Mais le choix était régulièrement critiqué sur le terrain de la souveraineté numérique, intenable à l’heure où le gouvernement veut investir massivement pour faire émerger des capacités de cyberintelligence tricolore.
ChapsVision a été créée en 2019, spécifiquement pour concurrencer l’Américain Palantir. La pépite française travaille déjà avec d’autres ministères de l’État. Elle a même remporté récemment un contrat avec le service de renseignement intérieur allemand, le BfV, et des discussions sont aussi en cours avec l’armée allemande.