Invité de la Grande Interview Europe 1-CNews ce jeudi 15 octobre, Robert Ménard estime que le nombre de bacheliers est trop important et qu'il est impossible de leur offrir les perspectives d'études supérieures qui leur sont promises.
Robert Ménard remet en question la démocratisation du baccalauréat. Invité de la Grande Interview Europe 1-CNEWS ce jeudi 15 octobre, le maire divers droite de Béziers est revenu sur la contestation lycéenne et les critiques visant Parcoursup. Selon lui, la plateforme d'admission dans l'enseignement supérieur sert avant tout de "bouc émissaire" à un problème bien plus profond. "Il devrait peut-être y avoir une réflexion sur pourquoi on est arrivé à faire Parcoursup", a-t-il estimé au micro de Laurence Ferrari.
S'il reconnaît que des améliorations peuvent être apportées au dispositif, Robert Ménard considère que sa suppression ne réglerait pas les difficultés d'orientation rencontrées par les jeunes. Le maire de Béziers s'interroge notamment sur la capacité des établissements d'enseignement supérieur à accueillir tous les nouveaux bacheliers. Il prend l'exemple de Sciences Po Paris, qui reçoit, selon lui, 20.000 candidatures chaque année. "Vous allez dire oui à tout le monde ?", a-t-il lancé, estimant que la sélection demeure inévitable.
"Tous nos enfants ne sont pas des surdoués"
Pour Robert Ménard, le problème vient surtout des attentes suscitées par l'obtention du baccalauréat. "On fait croire à nos gosses que d'avoir le bac, ça va leur ouvrir un certain nombre de choses. Et ce n'est pas vrai", a-t-il regretté. Selon lui, la sélection ne s'effectue plus suffisamment à la fin du lycée, mais se retrouve reportée dans les premières années d'études supérieures.
Le maire de Béziers a ensuite défendu une position plus radicale sur l'accès au diplôme. "Il ne peut pas y avoir 80% d'une classe d'âge qui a le bac. C'est comme ça. On n'est pas dix fois meilleurs qu'on l'était il y a 20 ans ou 30 ans", a-t-il affirmé. Robert Ménard estime que les responsables politiques refusent d'aborder cette question, préférant concentrer leurs critiques sur Parcoursup. «Non, tous nos enfants ne sont pas des surdoués, madame. Ce n'est pas vrai», a ajouté le maire de Béziers.