Opposée au projet d'Édouard Philippe qui prévoit un départ à la retraite à 65 ans avec 45 annuités, Laure Lavalette, porte-parole du Rassemblement national, invitée ce jeudi de La Grande interview Europe 1-Cnews, défend une autre approche. Au micro de Laurence Ferrari, la députée du Var estime que le redressement du système passe notamment par une entrée plus rapide des jeunes dans l'emploi et par la valorisation des filières professionnelles.
Comment faire face au déficit du système des retraites ? La question est au cœur de la campagne présidentielle. A droite comme à gauche, chacun propose sa piste pour tenter de réduire la différence entre ce que touchent les retraités et les cotisations versées par les actifs.
Pour le Rassemblement national, la question des retraites ne peut pas se résumer à un recul de l'âge légal. Invitée de La Grande Interview Europe 1-CNews, Laure Lavalette a vivement critiqué le projet présenté par Édouard Philippe, qui prévoit un départ à 65 ans avec 45 années de cotisation. Selon elle, cette réforme ne répond pas aux difficultés actuelles du marché du travail.
"Édouard Philippe, c'est Macron en pire", explique-t-elle. La députée du Var estime que le dispositif conduirait certains Français à travailler bien au-delà de 65 ans. "Il faut que les Français comprennent que c'est 65 ans + 45 années d'annuité. Donc si vous commencez à travailler à 23 ans, l'âge légal ça sera 68 ans", affirme-t-elle.
"Faire rentrer plutôt les jeunes sur le marché du travail"
Pour justifier son opposition à ce projet, Laure Lavalette met en avant la situation des seniors. "Il y a déjà une personne sur 2 qui arrive à la retraite sans emploi", souligne-t-elle. Selon elle, demander aux Français de travailler plus longtemps ne règlera pas les difficultés structurelles de financement du système.
La responsable du RN défend alors une autre priorité : faciliter l'accès à l'emploi des plus jeunes. "La vraie question c'est de faire rentrer plus tôt les jeunes sur le marché du travail", déclare-t-elle. À ses yeux, l'âge auquel les jeunes décrochent leur premier emploi constitue un enjeu central. "L'âge moyen de départ du premier job en France est de 27 ans, ce qui est évidemment beaucoup trop tard", ajoute-t-elle.
La porte-parole du RN rappelle également les grandes lignes du projet défendu par son parti en matière de retraites. "60" ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, puis "de façon progressive, jusqu'à 62 ans avec 42 annuités", détaille-t-elle. "La retraite, c'est aussi un choix de société", poursuit-elle, estimant que ce modèle pourrait être financé par la relance de l'industrie et de l'emploi.