La campagne de la primaire socialiste démarre avec cinq candidats au lieu de six ce mercredi. Philippe Brun, député de l’Eure, a été suspendu par le PS après des accusations de violences qu’il conteste. Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Jérôme Guedj, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel restent en lice.
Ils étaient six mardi soir, ils ne sont finalement plus que cinq ce mercredi 16 septembre. La campagne officielle de la primaire socialiste démarre dans un climat déjà très tendu, après la décision du Parti socialiste de ne pas valider la candidature de Philippe Brun, député de l’Eure.
Le PS a annoncé avoir été informé de faits "susceptibles de relever d’une caractérisation pénale" concernant Philippe Brun. Le bureau national du parti a donc décidé de le suspendre à titre conservatoire et de ne pas ratifier sa candidature à la primaire. Une décision prise avant le lancement officiel de la campagne.
Philippe Brun conteste ces accusations. Lors d’une prise de parole à l’Assemblée nationale, le député de l’Eure a affirmé être victime d’une dénonciation calomnieuse et a annoncé son intention de porter plainte. Il assure qu’aucune plainte n’a été déposée contre lui à ce stade.
Cinq candidats restent donc en lice
En attendant, cinq candidats restent donc en lice pour tenter de remporter la primaire de la gauche démocratique et sociale : Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Jérôme Guedj, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel. Le scrutin doit permettre de désigner un candidat commun pour l’élection présidentielle. Sur le papier, la primaire oppose ces cinq personnalités.
Mais dans les faits, une stratégie commune semble se dessiner chez plusieurs candidats : faire chuter le favori Raphaël Glucksmann. Le député européen de Place publique apparaît comme l’homme à battre dans cette compétition interne. En coulisses, Olivier Faure aurait même aidé Ségolène Royal et Jérôme Guedj à réunir leurs parrainages.
"Je ne suis pas le favori"
Une manière, selon plusieurs observateurs internes, de multiplier les candidatures pour diviser les voix du camp social-démocrate et affaiblir Raphaël Glucksmann. Olivier Faure assume en tout cas une position de challenger. "Dans une campagne, il y a toujours des favoris et des challengers. Je ne suis pas le favori, mais j’entends bien vous montrer que ce que j’ai à dire peut rencontrer une majorité", a déclaré le premier secrétaire du PS.
Le patron des socialistes veut aussi profiter de cette primaire pour dépasser son image de chef de parti. "J’entends faire la démonstration que je suis aussi plus que le premier secrétaire que vous connaissez", a-t-il ajouté. L’autre événement de cette ouverture de campagne reste donc l’exclusion surprise de Philippe Brun.
Avec cette décision, la ligne politique portée par l’élu de l’Eure, proche de François Hollande, se retrouve effacée de la primaire. Les cartes sont désormais rebattues.