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Présidentielle 2027 : le Sénat veut renforcer la lutte contre la désinformation, ses opposants dénoncent une menace pour la liberté d’expression

Trois sénateurs issus du PS, des Républicains et du Centre entendent muscler la lutte contre la désinformation et les risques d'ingérence intérieure avant la présidentielle. [Quentin de Groeve / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

À l’approche de la présidentielle de 2027, une mission d’information du Sénat propose 56 mesures pour lutter contre la désinformation et les risques d’ingérence numérique. Parmi elles : un observatoire indépendant, un renforcement des pouvoirs de l’Arcom ou encore un encadrement de l’intelligence artificielle. Des pistes qui suscitent déjà la polémique.

Une mission d'information qui fait débat au Sénat. Trois sénateurs issus du PS, des Républicains et du Centre entendent muscler la lutte contre la désinformation et les risques d'ingérence intérieure avant la présidentielle. Face aux plateformes, aux influenceurs et à l'intelligence artificielle, ces parlementaires proposent notamment la création d'un observatoire indépendant de la désinformation avant 2027, mais aussi un renforcement des pouvoirs de l’Arcom. Ces propositions font polémique, car elles sont soupçonnées de vouloir limiter l'expression sur les réseaux sociaux.

56 recommandations

Au total, 56 recommandations sont censées lutter contre les zones grises de l'information dans l'espace numérique. Parmi elles figure notamment la volonté d'établir une définition officielle de la désinformation avec l'aide d'organismes qualifiés de scientifiques, le classement des contenus en fonction de leurs risques : faibles, élevés ou inacceptables, avec un ciblage particulier sur les sujets climatiques et sanitaires. On y retrouve également le souhait d'accorder une responsabilité éditoriale aux concepteurs d'intelligence artificielle.

Autant de propositions fortement critiquées sur les réseaux sociaux, tout comme le concept d'ingérence intérieure décrit par le sénateur centriste Laurent Lafon. "Que se passerait-il en effet si une personnalité, un courant de pensée, un parti politique, disposant de moyens financiers importants, décidait de le mettre au service d'un projet politique en utilisant les réseaux sociaux comme une arme ? Sommes-nous prémunis de tout risque d'ingérence intérieure ? Clairement non", a-t-il clamé.

Contrairement à son objectif initial, cette expression d'ingérence intérieure, ainsi que le reste des propositions de ce rapport, sont au contraire perçues par ses opposants comme des atteintes graves à la liberté d'expression et d'opinion, particulièrement sensibles en période de campagne électorale.