Les adhérents du Parti socialiste ont choisi de réserver à leurs seuls militants et à leurs alliés la désignation de leur candidat à la présidentielle, rejetant la proposition d'Olivier Faure d'une primaire ouverte. Ce vote ouvre la voie à une participation de Raphaël Glucksmann et enterre le projet d'une primaire commune de la gauche hors LFI.
Les militants du Parti socialiste ont choisi de désigner leur candidat à la présidentielle par "une primaire fermée" en octobre, désavouant leur Premier secrétaire Olivier Faure. Leur décision ouvre la voie à une participation de Raphaël Glucksmann et enterre une primaire unitaire de la gauche non LFI.
Alors qu'Olivier Faure proposait d'ouvrir cette primaire à tous les sympathisants du PS pour élargir son corps électoral, les militants socialistes ont voté jeudi 10 juillet à 55% pour la réserver aux seuls adhérents du parti à la rose et des "organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste", comme Place publique de Raphaël Glucksmann.
Dans son option, Olivier Faure souhaitait aussi que le vainqueur participe ensuite à une primaire unitaire de la gauche hors-LFI avec les Écologistes et les anciens Insoumis Clémentine Autain et François Ruffin.
Des consultations internes après le 13 juillet
Avec le vote des militants PS, cette primaire unitaire, que refusaient ses opposants internes comme le chef des députés Boris Vallaud, n'est désormais plus d'actualité. Le risque pour la gauche est une multiplication des candidatures à la présidentielle et donc un éparpillement des voix.
"Message reçu 5 sur 5". La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a pris acte, dans une communication aux instances de son parti, que les militants socialistes ont "décidé d'enterrer la primaire" unitaire de la gauche.
Pressée par plusieurs élus écologistes de réamorcer un dialogue avec les Insoumis et de cesser de privilégier une alliance avec le PS, elle a annoncé des consultations internes qui devraient se tenir après le 13 juillet.
"Un choix très net"
Le résultat du vote de jeudi 9 juillet est logique, compte tenu des rapports de force du dernier congrès, les opposants à Olivier Faure étant majoritaires dans le parti depuis que Boris Vallaud et son courant les ont rejoints.
"Le candidat désigné proposera le rassemblement à tous les partis de la gauche démocratique, écologique et républicaine afin de construire ensemble un programme commun, un accord législatif et un contrat de gouvernement", indique le PS dans un communiqué.
Dans une déclaration transmise à l'AFP, Boris Vallaud a salué "un choix très net" des militants socialistes et appelé le PS "à mettre le cap vers la présidentielle" après des mois de tergiversations.
Désavoué, Olivier Faure a pour autant refusé de démissionner. "La question hier n'était pas de savoir si je démissionne ou je ne démissionne pas (...) Le devoir d'un premier secrétaire, c'est évidemment de faire appliquer les décisions qui sont prises", a-t-il réagi. Malgré sa défaite, Olivier Faure a laissé entendre qu'il pourrait se présenter à cette primaire mais se décidera "le moment venu". Il a prévu de sortir un livre en septembre.
Combien de candidats pour cette primaire ?
Mais les regards sont désormais tournés vers Raphaël Glucksmann qui, jusqu'à présent, refusait de participer à une primaire. "Je crois qu'il n'a pas le choix et que, quand on veut le soutien des socialistes, le moins que l'on puisse faire, c'est de se plier à la règle du départage démocratique", a estimé Olivier Faure.
"De toute façon, on ne gagne pas une présidentielle en se cachant et donc on doit forcément à un moment entrer dans l'arène, accepter la confrontation", a-t-il ajouté. Pour l'instant, les seuls candidats déclarés à cette primaire des socialistes et apparentés sont le député de l'Eure Philippe Brun et le député de l'Essonne Jérôme Guedj qui a confirmé vendredi sa candidature.
Le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane a également annoncé de son côté une candidature, mais hors primaire. Boris Vallaud, qui "a envie d'aller à la bagarre", pourrait également se présenter. Selon le PS, "un comité inter-partis" règlera les modalités de vote et de candidature" de cette petite primaire.
La question se pose si d'autres mouvements que le PS et Place publique seront associés, comme celui de l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. L'hypothèse d'une participation du banquier d'affaires Mathieu Pigasse, engagé à gauche, est également évoquée.
"Jean-Luc Mélenchon a réussi son entrée en campagne", selon Olivier Faure
L'ancien président François Hollande refuse lui de se plier à une primaire, se positionnant comme un recours en fin d'année si le PS est toujours dans l'impasse. Car à gauche, le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon, sur une bonne dynamique depuis son lancement de campagne, semble avoir pris une longueur d'avance sur ses concurrents.
"Jean-Luc Mélenchon a réussi son entrée en campagne", a admis Olivier Faure "mais ce n'est pas parce qu'on est le champion de l'été qu'on est celui de l'automne ou celui de l'hiver".