Pourquoi des maires de droites se rallient à Macron

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christophe bechu
© JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
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72 maires étiquetés à droite signent dans le Journal du Dimanche une tribune pour apporter leur soutien au chef de l’Etat. Un appel sur le fond qui n’est pas exempt de visées politiques, alors que les municipales approchent.

Ils souhaitent "la réussite impérative" de la France et aussi, sans doute, la leur. Dimanche, soixante-douze maires et élus locaux de droite signent une tribune dans le JDDpour apporter leur soutien à Emmanuel Macron. Une démarche qui n’est pas sans rapport avec le délitement de la droite, balayée aux européennes, mais aussi avec la proximité des municipales, programmées pour mars 2020.

"Les signataires de cette tribune ne font pas un coup médiatique"

A la tête de ces édiles se trouvent Delphine Bürkli, maire du 9ème arrondissement de Paris, ou Christophe Béchu, maire d’Angers. "Cette tribune s’inscrit dans une démarche de lucidité, de bons sens. On le voit dans notre quotidien de maires, beaucoup de sujets dépassent le clivage droite-gauche", explique la première à Europe 1. "Beaucoup de réformes souhaitées par ma famille politique sont aujourd’hui mises en œuvre par Emmanuel Macron et par Edouard Philippe", poursuit celle qui est toujours membre des Républicains.

"Les signataires de cette tribune ne font pas un coup médiatique", assure de son côté Christophe Béchu. "Ils décident surtout de créer une association qui va nous permettre d’échanger des bonnes pratiques entre nous. C’est vraiment la raison d’être de cette République des maires que nous lançons. C’est d’abord la création et le lancement d’une association de gens qui veulent insister sur ce qu’il y a de positif", insiste le maire d’Angers.

"Quitter Les Républicains, c’est la première chose qu’on leur demande"

Mais les motivations sont aussi politiques. La plupart de ces maires, sont des pontes locaux de la droite et du centre-droit, mais à 9 mois des municipales, l’étiquette Les républicains ne permet plus de leur assurer une election. Pour ces élus, l’intérêt est donc clair : puisqu’ils en partagent les valeurs, ils veulent se rapprocher le plus possible de la majorité présidentielle pour espérer ne pas avoir de candidats LREM en face d’eux.

Ce sera le cas pour ceux, comme Christophe Béchu le maire d’Angers, qui ont affiché leur soutien bien avant les Européennes. Mais pour les autres ? "Ce sera du cas par cas", explique à Europe 1 un proche du Premier Ministre. "Il ne suffira pas de signer cette tribune", tranche ce conseiller. Une condition fera notamment la différence : "Quitter Les Républicains, c’est la première chose qu’on leur demande", explique un ministre. Cette tribune, ces ralliements, c’est aussi une manière pour la Macronie d’essayer de s’ancrer au niveau local. Tout en torpillant, encore un peu plus, la droite.

Europe 1
Par Jean-Rémi Baudot et Victor Dhollande-Monnier, édité par Rémi Duchemin