Pour Gérald Darmanin, "Nicolas Hulot n'a pas avalé de couleuvres"

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Si Gérald Darmanin "respecte" le "choix" de Nicolas Hulot, il refuse d'entrer dans un listing des facteurs qui ont poussé son collègue à claquer la porte du ministère de l'Ecologie. C'est ce qu'il a expliqué mercredi matin à Audrey Crespo-Mara.
INTERVIEW

"Peut-être qu'il y a une différence entre l'idée que Nicolas Hulot se faisait d'être ministre et la réalité des choses." Au lendemain de la démission surprise du ministre de la Transition écologique et solidaire, son collègue à l'Action et aux Comptes publics a tenté d'expliquer au micro d'Audrey Crespo-Mara ce qui, selon lui, l'avait poussé à dire stop. 

"Des moments très difficiles". "Je crois que Nicolas Hulot a traversé des moments très difficiles dans sa vie d'homme et de ministre, je peux en parler. Je l'ai vu dans des difficultés assez fortes qu'il a surmontées avec beaucoup de courage", a d'abord glissé Gérald Darmanin, mercredi matin sur Europe 1. Mais selon lui, les renoncements contraints de l'écologiste sur le glyphosate, le bio, le diesel ou encore la biodiversité, ne doivent pas être mis sur le dos du gouvernement. "Nicolas Hulot n'a pas avalé de couleuvres", juge-t-il.

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Son ministre choyé. Mieux, selon Gérald Darmanin, le gouvernement a tout fait pour permettre au ministre de mener son action dans les meilleures conditions. "Nous avons augmenté les crédits du ministère de Nicolas Hulot en 14 mois comme jamais on ne l'avait fait depuis la création du ministère de l'Ecologie sous Giscard d'Estaing. On a augmenté de 850 millions d'euros en un an les crédits qu'il avait à sa disposition", souligne le ministre. "Aucun ministère, à l'exception de celui des Armées, n'a connu cela."

Les 5 couleuvres que Nicolas Hulot a dû avaler

L'idéal et la réalité. À en croire les sous-entendus de Gérald Darmanin, Nicolas Hulot aurait péché par angélisme. "Le général de Gaulle disait que la politique, c'était un idéal à travers des réalités. C'est bien d'avoir un idéal, mais c'est dur d'être ministre, parce qu'on est confrontés au réel. L'opposition, ou les gens de la société civile, ont des idéaux, c'est bien logique. Et quand on est en responsabilité, on a le réel", développe-t-il. Faut-il comprendre que l'ancien présentateur d'Ushuaïa Nature n'avait pas le cuir assez épais pour la fonction ? "Je ne dirais pas ça", balaie Gérald Darmanin, assurant de son "respect" pour ce "grand personnage public".

Quid du remaniement ? Reste que Nicolas Hulot laisse vide la place de numéro deux du gouvernement d'Edouard Philippe. Mais Gérald Darmanin se refuse à donner quelque information que ce soit sur la date du futur remaniement. "Je ne suis pas le maître des horloges, je suis très respectueux de la Constitution, donc je ne nomme pas le gouvernement, et je n'ai pas de commentaire à faire."

Europe 1
Par Anaïs Huet